‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 15 sur 253 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

quement tout le passé. Les seigneurs de Joyeuse et de Crussol furent ravis de ces dispositions, et rendirent une ordonnance par laquelle ils mettaient les uns sous la sauvegarde des autres.

Arrêtons-nous ici un moment, et profitons de cette trêve pour jeter un coup d'œil rapide sur les progrès de l'Église réformée et sur son organisation.

Le récit que nous venons de faire montre que la Réforme avait été un mouvement populaire à Montpellier. A peine les assemblées commençaient-elles à être publiques, que déjà quatre mille personnes se déclaraient en faveur des principes nouvellement proclamés. Les dévastations dont l'histoire remplit le chapitre qui précède, ne laissent aucun doute sur cette circonstance, qu'un an après l'introduction du protestantisme à Montpellier , les protestants y étaient en majorité. A ce mouvement dans les masses inférieures du peuple correspondait un mouvement dans les sommités sociales, qui doit lui servir d'explication. L'impulsion avait été donnée d'en haut, elle avait été suivie en bas. En effet, nous avons déjà eu occasion de faire remarquer que les principales autorités de la ville se montraient favorables au protestantisme. Mais c'est surtout au sein de la Faculté de médecine qu'il compta ses premiers partisans et ses plus zélés propagateurs. A leur tête était le célèbre Rondelet, que nous avons déjà vu intervenir comme délégué du Consistoire dans l'acte passé avec les chanoines de la cathédrale de

,i LIVRE PREMIER

Saint-Pierre. Rondelet, qui avait été le médecin du cardinal de Tournon et qui l'avait accompagné à Home pour L'élection du pape Jules III , Rondelet avait connu à Paris Ramus et Calvin, et se déclara un des' premiers pour leurs idées. Des épreuves domestiques lurent peut-être le moyen dont la Providence se servit pour amener sa conversion. Ce qui paraît bien établi, c'est que cette conversion détermina un changement marqué dans sa conduite. Sa manière de vivre, légère et dissipée, nous dit M. Victor Broussonnet' , dans la Notice qu'il lui a consacrée, ne dura que jusqu'en 1 559. « La curiosité de Rondelet, qui le portait à la recherche de tous les genres de nouveautés, son esprit indépendant, le sentiment exagéré de ses forces, ses liaisons avec les chefs de la réforme religieuse, l'avaient disposé pour leurs opinions ; il les adopta un des premiers à Montpellier, d'abord en secret, ensuite ouvertement. L'influence qu'il exerçait dans la ville et dans l'école par ses places, la générosité de ses manières, l'affabilité de son commerce, en firent tout à coup l'apôtre et le cbef du protestantisme. A son exemple, les professeurs Bocaud, Saporta et Dortoman adoptèrent la Réforme ; ils furent imités par la plupart des écoliers, au nombre desquels se trouvaient Claude Formy et Georges Crouzier : le premier fut établi diacre , le second surveillant de la nouvelle Église. »

Ephémérides médicales de Montpellier, tom. VII.

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