‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 140 sur 253 · CHAPITRE IV OOJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV OOJ

Écoutons d'abord quelques rapports sur la multiplicité des assemblées ; nous prêterons ensuite l'oreille aux dénonciations.

Le nombre des assemblées surprises et des protestants emprisonnés pour cause de religion, de 1717 à 1721 , suffirait au besoin pour montrer que les assemblées étaient nombreuses. Une lettre de M. deMassane, chargé par l'intendant de faire une tournée d'inspection, sera, pensons-nous, la meilleure démonstration du fait que nous venons d'avancer. Celte lettre est écrite de Sumène, le 16 août 1719.

« Monsieur ,

* Je suis arrivé depuis quelques jours, après avoir fini la tournée que vous m'avez ordonné de faire dans ce département. J'aurais eu l'honneur de vous en rendre compte, Monsieur, sitôt être arrivé ici ; mais j'en ai été privé par des indispositions que m'a causées une fièvre d'accès que j'ai gagnée dans mon voyage. J'ai passé par LeVigan, Aulas, Aumessas, Valleraugue; ensuite je suis revenu par Montdardier, Roquedur , Saint-Julien , Ganges et La Salle. Il serait inutile , Monsieur, de vous détailler ce qui se passe à chaque endroit, puisqu'on peut le faire en général; c'est-àdire, Monsieur, qu'on fait partout des assemblées aux champs et dans les maisons ; on entend chanter des psaumes ouvertement, soit à la campagne ou à la ville. J'ose vous assurer avoir vu et entendu ces derniers plusieurs fois. Tout cela ne discontinue pas. J'ai averti

le commandant du Vigan et M. Daudé, votre subdélégué, qui m'ont dit en avoir été informés. Je crois qu'il sera difficile d'arrêter ce torrent, quelque précautions que l'on prenne, à moins de troupes. Je suis averti que bien des personnes qu'on n'a pas regardées comme suspectes, par le passé, le deviennent. J'en ai découvert plusieurs, entre autres, qui ont des permissions pour porter des armes, qui ont été à une assemblée qui s'est faite, il y a quelque temps , dans la paroisse de Roquedur. Permettez-moi, Monsieur, de vous représenter qu'il serait du bien du service de faire une recherche et leur ôler les armes : puisqu'il n'y a pas de doute qu'ils ne vont point aux assemblées sans avoir avec eux les dites armes, et comme il serait possible qu'on pourrait tomber sur quelqu'une de ces assemblées, il y a apparence qu'ils s'en serviraient dans ces occasions. Si ma santé me le permet, j'aurai l'honneur de me rendre auprès de vous, Monsieur, dans quelque temps d'ici, pour vous faire ma très-humble révérence, et vous rendrai un compte plus étendu. En attendant cet honneur, j'ose me promettre de ne point me négliger dans toutes les occasions où il faudra représenter à ces gens-là le danger où ils s'exposent, l'intention du roi et le peu de quartier qu'ils doivent espérer de nous, s'ils retombent dans ces sortes de cas. J'ai l'honneur d'être, avec un très- profond respect, Monsieur, votre, etc.

» Signé : Massane. »

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