‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 152 sur 253 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Impuissance de l'Édit de 1724. — Mémoire de M. de Bernage. — Accueil qu'il reçoit à la Cour. — Les différentes questions qu'il soulève.— La province de Languedoc est divisée en cent quarante-trois arrondissements. — Sévérité des évêques. — La question des mariages et des baptêmes est successivement reprise et ajournée. — • Un projet d'ordonnance vient de Versailles. — L'intendant doit consulter les évêques. — Résumé de leurs observations à ce sujet. — Le projet est refondu et remanié, d'après ces observations, une première, une deuxième et une troisième fois. — Ordonnance du 17 janvier 1750. — L'intendant et M. d'Iverny désarment les protestants de Nimes et saisissent les livres. — Jubilé de Genève. — Corteis et l'évêque de Rodez. — Les curés lassent le Pouvoir par leurs dénonciations sans fondement. — M. de La Devèze et le curé de Saint-Christol. — Importance du chiffre des amendes. — Cadre des dépenses. — Ce qu'il en coûta pour l'arrestation et l'exécution de Pierre Durand.

L'Édit de 1724, malgré tous les soins que l'on avait apportés à sa rédaction , ne répondait pas aux espérances qu'on en avait conçues. Il se présentait sans cesse des cas imprévus auxquels il fallait parer par des ordonnances nouvelles , et les enfants des nouveaux convertis suivaient fort négligemment ou ne suivaient pas du tout les écoles et les instructions des curés. D'autre part, les assemblées au désert étaient toujours fort nombreuses, quoique les condamnations fussent à la fois très-sévères et très-mullipliées. Cette année même 1724, une condamnation

à mort fut prononcée contre Pierre Galibert, coupable d'avoir vendu des livres de la religion prétendue réformée.

En 1725, Gervais, Dussein , Ponge et Carrière, d'Alais , sont envoyés aux galères pour avoir assisté à une assemblée ; et l'année suivante , Pierre André, dit La Roquette, François Meynadier, Jean Teissier, Louis Chanson et Pierre Pascal les y suivirent à cause du même délit; Marguerite Auguiniel, épouse de Pierre André , Suzanne Martial et plusieurs autres furent acheminées vers la tour de Constance. Nous n'en finirions pas si nous voulions faire ici l'énuméralion complète de toutes les assemblées surprises et de toutes les condamnations prononcées. Il était clair que l'ordonnance de 1 724 n'empêchait pas les protestants de se réunir pour prier Dieu, et l'on sentait le besoin de recourir à d'autres mesures; l'insuffisance des précédentes était reconnue.

M. de Bernagede Saint-Maurice, qui, en sa qualité d'intendant d'une des plus importantes provinces du royaume , avait à s'occuper spécialement de toutes ces questions , rédigea un long Mémoire concernant les affaires de la religion dans la province de Languedoc^ . Les questions y sont traitées dans l'ordre suivant : l° des assemblées ; 2° de l'instruction des enfants;

1 Deux exemplaires manuscrits de ce mémoire existent aux archives de l'Intendance; mais au lieu d'être à la place qu'ils devraient occuper, ils se trouvent aux Lettres de Cour, N° 118.

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