CHAPITRE V
3° des officiers de justice et municipaux ; 4° des baptêmes et mariages ; 5° des livres et des armes ; 6° des prëdicants et des voyages à Genève.
Une lettre de M. de La Fare, écrite de Versailles le 1 7 avril 1 728 , fait connaître que ce mémoire reçut un très-bon accueil de la part du cardinal de Fleury et de M. de Saint-Florentin. Quelques articles furent immédiatement approuvés et d'autres renvoyés à un plus ample examen.
Il résulte de celte Tettre de M. de La Fare: 1° que c'est à M. l'évêque d'Alais que revient l'honneur d'avoir trouvé un moyen de contrainte jugé excellent pour les jeunes gens de 14 à 20 ans ; 2° que l'amende de 500 livres proposée par M. de Bernage contre les arrondissements dans lesquels une assemblée aurait été tenue, fut trouvée trop faible par M. le cardinal de Fleury; 3° que, par contre, M. de Bernage était trèssévère pour ceux qui introduisaient des livres dans le royaume , et que ['humeur douce de M. le cardinal lui faisait penser que, la première fois, trois ans de galère seraient une peine suffisante pour ce délit; bien entendu que les coupables seraient punis de mort en cas de récidive.
Ce mémoire avait aussi été communiqué par son auteur, M. de Saint-Maurice, au duc de Bourbon, qui lui en exprime ses remercîments et sa satisfaction, dans sa lettre du 23 avril 1 728 : «J'ai reçu, Monsieur, et lu avec un grand plaisir la copie de voire mémoire sur l'état des affaires en Languedoc, que vous
développez bien nettement , en proposant des expédients judicieux sur une matière aussi importante. Je vous suis très-obligé de m'avoir mis le premier au fait de ce détail. Je ne m'en vanteray pas, me contentant d'en faire usage lorsque j'enentendray parler, ce qu'on m'a dit devoir être bientôt.»
La question était donc à l'ordre du jour.
Les moyens proposés par M. de Saint -Maurice n'étaient pas , au reste , purement théoriques : il les avait expérimentés en Languedoc, et il écrivait luimême à M. de Saint-Florentin , le 19 août 1729, que le mémoire du 17 juin contenait les détails des différents ordres qu'il avait déjà donnés pour assurer l'instruction des enfants des nouveaux convertis. «Les parents ou autres chargés de l'éducation des enfants qui manquent d'assister aux écoles, messes et instructions , sont régulièrement condamnés aux amendes ; à la fin de chaque mois , les juges m'envoient leurs jugements, j'en fais remettre des copies collationnées aux receveurs des tailles. Le recouvrement se fait , et il a déjà été reçu quelques fonds.» Ici, l'amélioration introduite par M. l'Intendant consiste surtout en ce que les listes sont dressées tous les mois, au lieu de ne l'être qu'une fois par an.
Dans une lettre du 20 septembre, écrite à M. le comte de Saint-Florentin, M. de Saint-Maurice nous apprend, au sujet d'une affaire particulière, que «tous ceux dont les enfants n'ont pas assisté aux écoles, messes ou instructions de la paroisse, sont condamnés