‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 155 sur 253 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

M. de Saint-Cierge , curé de Saint-Silvestre, écrit de Tournon, le 3 octobre 1732, à M. de Saint-Florentin, une lettre par laquelle il se plaint que le nommé Charra vit avec une femme que le curé traite de concubine , parce que le mariage n'a été célébré qu'au désert. Sa lettre est renvoyée à M. de Saint-Maurice, qui répond à M. de Saint-Florentin, le 28 octobre 1732 : «Tout le remède que nous avons pu y apporter (à ce mal), M. le marquis de La Fare et moi , c'a été de faire de temps en temps quelques exemples d'autorité , en enfermant les hommes et en renvoyant les tilles chez leurs parents ; mais il n'est pas possible de prendre ce parti à l'égard de tous les coupables , et nos prisons ne pourraient pas les contenir. »

La question des mariages , qui se pose ici d'ellemême par les citations que nous venons de faire, était h coup sûr une des plus difficiles à résoudre ; aussi ne le fut-elle que fort tard et après avoir été longuement étudiée.

Cette question , soulevée par le mémoire de M. de Saint-Maurice , n'était pas abandonnée , mais elle fut sans cesse ajournée. Enfin, le 14 juillet 1738, M. le chancelier envoya à l'intendant du Languedoc , et il dut en faire autant pour ceux des autres provinces , un projet de déclaration sur lequel il le priait de prendre l'avis des évêques. Ce projet avait surtout pour but d'empêcher les mariages au désert, qui devenaient toujours plus nombreux. «Le nombre de ces

mariages et des enfants qui en proviennent , dit une pièce authentique, a si fort augmenté, et le scandale répandu dans tous les diocèses où il y a des nouveaux convertis est aujourd'hui porté si loin, qu'il est indispensable d'en réprimer le désordre.»

Qui était mieux placé que les évêques , en effet , pour connaître le mal , et qui mieux qu'eux pouvait indiquer le remède ? Conformément aux ordres du chancelier, l'intendant du Languedoc eut soin d'ouvrir une correspondance de consultation, et nous avons eu sous les yeux un cahier portant ce titre : «Mémoire contenant V extrait des observations de MM. les évêques de Lavaur, Mende, Alais, Uzès, Viviers, Montpellier, Castres et JSimes, sur le premier projet de déclaration envoyé par M. le chancelier à M. de Bernage, au mois de juillet 1738, concernant les mariages des nouveaux convertis dans la province de Languedoc. »

Il serait trop long de rapporter ici les réponses dans toute leur étendue, mais il ne sera pas sans intérêt de transcrire le résumé succinct qui en était fait par l'intendant lui-même.

« Résultat des observations de MM. les évêques auxquels ce projet a été communiqué , et des conférences qu'ils ont eues avec M. le duc de Richelieu et M. de Bernage, pendant le temps de l'assemblée des derniers États.

» On voit, par le rapport qui vient d'être fait de tout ce qui a été observé par MM. les évêques de la province de Languedoc dans le diocèse desquels il y a des

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