CHAPITRE V
nouveaux convertis, que les seules dispositions contenues dans les sept articles dont ce dernier projet est composé, n'ont paru à aucun d'eux suffisantes pour remédier à un désordre dont il est vrai de dire que le scandale demande les remèdes les plus prompts et les plus efficaces.
» Mais ils s'en sont expliqués plus clairement encore dans les conférences qu'ils ont désiré d'avoir avec M. le duc de Richelieu et M. de Bernage , pendant les dernières assemblées des États ; et le résultat de leurs sentiments unanimes a été de représenter avec de nouvelles instances :
» En premier lieu, toute l'étendue du mal et la nécessité d'y remédier.
» En second lieu , l'inutilité du remède s'il n'est pas expressément appliqué au mal , et d'une manière si sensible que les nouveaux convertis soient pleinement convaincus par tout ce qui sera ordonné, tant contre eux que contre ceux qui les favorisent , que leur désobéissance et le scandale de leur mauvaise conduite sont le principal objet d'une nouvelle loi plus rigoureuse que toutes les précédentes.
» Et enfin, que cette nouvelle loi , telle qu'elle soit, sera plus nuisible qu'utile si son exécution n'est pas plus assurée que ne l'a été celle de tous les édits et déclarations qui ont été donnés jusqu'à présent *. »
1 Religion, Mariages et baptêmes au désert, de 1751 à 1755, n° 36 de la 2e partie.
L'opinion des évêques est. visiblement pour la sévérité ; un gros cahier contenant leurs observations fut expédié à Versailles , le 6 avril 1741 .
Un nouveau projet fut rédigé d'après les observations mentionnées ci-dessus, ou, si on l'aime mieux, le premier fut retravaillé et refondu une deuxième et une troisième fois; il s'étendit enfin jusqu'à former vingtdeux articles. Nous trouvons ce troisième projet aux archives de l'Intendance ; il porte ce titre : Troisième et dernier projet qui ri a encore esté communiqué ni aux évêques du Languedoc ni à M. de Bernage, et qui a esté dressé sur les remarques générales ou particulières qu'ils ont envoyées sur les deux premiers projets.
Les évêques furent encore consultés , et donnèrent de nouveau leur avis. L'affaire marchait lentement, mais faisait pourtant des progrès; on touchait, semblait-il, à l'époque de la promulgation d'un édit si laborieusement et si longuement étudié, lorsque les embarras de la guerre européenne pour la succession de l'empereur Charles VI firent désirer à tout le monde, aux évêques comme au Gouvernement , que cette affaire fût au moins suspendue. Pour recourir aux moyens de rigueur, sans lesquels il était reconnu que toute nouvelle loi serait inefficace, il fallait le concours de troupes nombreuses , et par conséquent il convenait d'attendre le retour de la paix. La question demeura donc à l'étude et fut reprise après le traité d'Aix-la- Chapelle. Bien des difficultés se présentèrent encore , mais enfin tous ces travaux préliminaires vinrent abou-