‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 157 sur 253 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

tir h l'ordonnance royale du 17 janvier 1750. En voici le titre, il est assez étendu pour en faire connaître le contenu : Ordonnance du Roi qui renouvelle les édits et déclarations concernant les nouveaux convertis de la province de Languedoc , et attribue au commandant, ou en son absence à l'intendant , la connaissance des baptêmes et mariages qui seront contractés devant les minisires de la religion prétendue réformée , et ordonne que le procès sera fait aux accusés du crime de relaps et d'apostasie. Voilà donc les ministres et les protestants en général déférés à la justice militaire. Les évêques doivent être contents ; leur désir le plus cher et le plus persistant a été satisfait.

Après avoir parlé du mémoire de M. de Saint-Maurice el suivi dans leurs développements les divers projets qui s'y rattachaient , nous devons revenir sur nos pas et relater le compte-rendu d'une expédition que M. l'Intendant fit à Nimes, de compagnie avec M. d'iverny , à l'occasion d'une assemblée surprise.

« Les nouveaux convertis qui sont des plus obstinés dans leurs erreurs , tinrent une assemblée nombreuse sur les confins du territoire, dans le commencement du mois d'avril 1 730. M. de La Fare a cru qu'indépendam. ment de l'amende à laquelle il les a condamnés, il convenait de les punir parle désarmement et l'enlèvement de leurs livres. Monseigneur le cardinal de Fleury ayant approuvé cette idée, j'ai été chargé de l'exécuter, à mon retour dans cette province , et c'est ce qui m'a retenu

ici (à Niraes) depuis mon arrivée, pour en concerter les arrangements avec M. d'Iverny. Cette expédition s'est faite ce matin (6 juin 1730 ) avec tout *le bon ordre et la tranquillité que nous pouvions désirer. Le succès aurait été plus complet, c'est-à-dire qu'on aurait trouvé une plus grande quantité d'armes et de livres , si la crainte de ce châtiment , dont ils ont vu déjà quelques exemples en d'autres endroits , ne les avait engagés depuis deux mois à prendre leurs précautions ; mais on n'a pas laissé de leur enlever près de quatrevingts armes de toute espèce, et environ quatre cents volumes de livres qui seront brûlés sur la place publique au premier jour de marché ; ils en ont jeté pour le moins autant dans leurs puits, citernes ou cloaques, d'où ce qu'ils en pourront retirer ne leur servira jamais d'aucun usage, et le principal objet de cette punition est l'impression qu'elle fera sûrement sur leurs esprits, qui paraissent très-consternés. ( Lettre de M. de Bernage à M. Orry, 6 juin 1730, dans le paquet 90 des Lettres de Cour.)

Une fête religieuse célébrée à Genève, produisit une certaine émotion dans le Languedoc.

Ce fut en 1 535 que le protestantisme s'établit dans cette ville. Plus heureux que les protestants français, qui n'ont pu célébrer leur premier jubilé qu'en 1859, les Genevois en célébrèrent un en 1735. Ce fut là , pour la cité de Calvin, l'occasion d'une sérieuse réjouissance, et beaucoup d'actions de grâce montèrent vers le Ciel à cette occasion. Les Églises du Languedoc

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