‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 162 sur 253 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

mettre les plaintes qui lui parviennent, afin qu'il les contrôle , et en effet il lui envoie d'autres dénonciations provenant de la même source. A cette nouvelle lettre de l'intendant, nouvelle réponse de M. de La Devèze, et celle-ci est écrite dans un style profondément indigné ; nous en copions le passage suivant : « J'ai reçu, Monsieur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 23 du mois dernier , avec celle que vous y avez jointe du curé de Saint-Christol. Vous en recevrez trente de ces messieurs où vous reconnaîtrez toujours le même style, puisque je sais qu'ils se sont donné le mot pour écrire sur le même ton, afin, disentils, d'émouvoir les puissances et de faire agir sur tout ce que l'imagination leur suggère, remplis les uns et les autres d'idées où l'envie de dominer dans leurs paroisses a plus de part que l'intérêt de la religion. Ils hasardent tout, disant entre eux : Que peut-il nous en arriver? Et ils ont raison, puisque notre autorité ne s'étend pas sur eux ; car vous pensez bien , Monsieur, que si des laïques écrivaient de pareilles impostures, j'en remplirais les cachots. Ces messieurs ont mis autrefois le feu aux étoupes, je me garderai bien de me livrer à eux ' . »

Veut-on savoir l'opinion que le curé de Saint-Christol avait de ces protestants qu'il dénonçait avec tant d'inj ustice et de férocité ? Voici ce qu'écrit à ce sujet le che-

1 Archives de l'Intendance, 2e division. Religion, Amendes, nu 74.

valier de Bessé à M . de La Devèze (I er décembre 1 738) : «Je lui ai demandé là-dessus (au curé de Saint-Christol) si ces gens-là étaient mutins et dangereux. Il m'a répondu qu'il ne leur connaissait de mauvaises qualités que sur la religion. »

Avant de rendre compte de l'emploi des amendes, nous devons donner une idée du chiffre auquel elles s'élevaient. Nous possédons pour cela des pièces d'une régularité parfaite. Tous les ans, les receveurs particuliers rendaient leurs comptes au receveur général, qui rendait lui-même les siens à l'intendant. Toutes les dépenses étaient ordonnancées, ces ordonnances devaient être reproduites comme pièces justificatives par le comptable, et les comptes particuliers venaient à l'appui du compte général. Ces registres, très-bien tenus, sont dans un état parfait de conservation. Les dépenses s'y trouvent indiquées après les recettes. La somme disponible, qui était en 1 740 de 46,026 livres 5 sols 3 deniers, s'éleva en 1746 à 86,355 livres 1 2 sols 7 deniers, et retomba insensiblement en 1 764 à 9,464 livres 13 sols 6 deniers. Elle était alors au point de disparaître.

Les dépenses se divisaient en chapitres, qui ne présentaient, dans les divers comptes, que des variations insignifiantes; en voici les principales divisions :

1<> Pensions,

2° Gratifications,

3° Frais d'espions et voyages ,

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