‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 163 sur 253 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

4° Loyer du château de Beauregard ,

5° Concierge des prisons dudit château ,

6° Concierge des prisons de la citadelle de Montpellier,

7° Impressions,

8° Remise du comptable.

Le château de Beauregard, en Vivarais, figure trèssouvent dans l'histoire de nos troubles religieux, et occupe toujours une place dans les comptes du receveur général des amendes. Par acte du 1 2 mars 1 731 , passé à Tournon par-devant Grange , notaire , il avait été affermé au nom du roi, du sieur Coustou, son propriétaire, moyennant la somme de 400 livres , qui devaient être payées moitié par la province du Vivarais, moitié par celle de Languedoc , qui y envoyait des prisonniers.

Des gratifications sur les fonds provenant des amendes étaient comptées tous les ans au concierge de ce château et à celui des prisons de la citadelle de Montpellier, à cause des soins qu'ils étaient tenus de donner aux prisonniers pour cause de religion. Le médecin figure aussi sur ces comptes.

Les frais d'impression , qu'il ne faut pas confondre avec les frais de bureau , s'élevaient ordinairement à une somme assez ronde (1500 livres environ). Cela s'explique par l'usage où l'on était d'afficher à profusion el dans un grand nombre de lieux les arrêts et jugements qui concernaient les religionnaires. Quelques comptes d'imprimeur que nous avons retrouvés établis-

sent que les tirages se faisaient à 1 500, 2000, et même jusqu'à 3000 exemplaires. C'étaient ordinairement de grandes feuilles imprimées sur papier très-fort.

La remise du comptable figurait aussi dans les comptes dont nous parlons. Elle était réglée, d'après une ordonnance de l'intendant du 20 février 1719, à 2 sols par livre sur la recette des receveurs des tailles. Ceux-ci avaient déjà prélevé leurs droits particuliers.

Il fallait en finir avec ces détails, avant d'aborder les sujets plus importants. C'étaient surtout les pensions, les gratifications et les frais d'espions qui absorbaient la plus grande partie de ces fonds.

Les pensions s'accordaient à Paris, sur la proposition de l'intendant. Elles étaient touchées, soit par des personnes , et alors elles étaient généralement le prix de leur abjuration; soit par des établissements, et dans ce cas elles servaient à faire élever ou instruire dans la religion catholique des jeunes gens ou de jeunes personnes issus de parents protestants. Les couvents avaient une grosse part dans ces distributions.

Ce serait toutefois une erreur de croire que l'entretien de tous les pensionnaires qui étaient dans ce cas fut payé par la caisse des amendes; ce n'était là, au contraire, que l'exception : on faisait contribuer tous les parents qui possédaient quelques ressources. L'ordonnance qui leur enlevait leurs enfants fixait la somme qu'ils devaient compter h l'établissement ; s'ils ne

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