‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 17 sur 253 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

sommes-nous pas surpris d'apprendre (France protestante, art. Ciiassanion ) qu'au mois de janvier 1563, il fut écrit à Genève [tour demander deux nouveaux pasteurs. Cette lettre est dans le premier volume de l'Histoire de Genève, par Gaberel ; pièces justificatives, page 92 ; elle est signée Chassanion et Formy. Les consuls firent aussi la même demande. L'autorité civile et l'autorité religieuse agissaient donc de concert. Avant que les secours sollicités arrivassent de Genève ou d'ailleurs, nous ne savons, voici comment étaient satisfaits les besoins de cette multitude affamée de la prédication de la Parole de Dieu : 1 ° les diacres s'occupaient de l'enseignement, nous en avons la preuve pour Formy et Maupeau , qui prêchaient avant d'avoir été reçus ministres, et il est probable, pour ne pas dire certain, que le nouveau diacre Favy , qui se sauva par les tuiles lorsque fut dissipée l'assemblée tenue chez Didier-Baudier, en était le prédicateur; 2° l'inspection des registres des baptêmes ne nous permet pas de douter qu'à cette époque, et même beaucoup plus tard, vers 1567, des pasteurs étrangers ne vinssent faire des services temporaires dans la ville, et qu'ils ne lui fussent en quelque sorte prêtés. Parmi ces pasteurs, nous trouvons Olivier Tardieu, ministre de Saint-Jean de Gardonenque , en 1560; Michel Béraud, ministre de Lodève ; Michel, minisire de Muntagnac; Guillaume Cassang, ministre de Clarensac, en 1562; Pierre Varanda, ministre de Pézenas ; Abrard, ministre d'Anduze, en 1 563 ; Luter,

ministre de Ganges; doLabastide, ministre de Saint- Maurice; Bernard, ministre de Melun;Giles Soûlas, sans doute le même qui remplaça Brûlé à Valence, et qui était originaire de Montpellier, en 1504; Jean Grenier, ministre de Montène; Armand, ministre de Montagnac ; Tourtoulon, ministre de La Salle; Antoine Vachère, ministre de Mauguio ; Mercier , ministre de Béziers, en 1 5C5 ; Malgoire , ministre de Mireval ; Pierre d'Airebaudouze, ministre de Nimes,en 15G6; et encore Bernard, ministre de Melun, en 1567.

Dans cette liste, nous nous sommes borné à citer les noms des pasteurs , à la suite desquels on a fait connaître les Églises qu'ils desservaient. Nous nous abstenons de transcrire les noms qui ne sont pas suivis de cette désignation: si ceux qui les portaient et qui ont fait bien des baptêmes n'étaient pas ministres, ce que nous ne sommes pas en mesure d'affirmer, il faudrait en conclure que, en certains cas, le baptême pouvait être administré par des laïques.

La signature d'un si grand nombre de ministres dans les registres de la même Église s'explique peutêtre par la coutume qui s'était établie de les faire visiter les unes après les autres par des pasteurs appartenant a d'autres troupeaux. Cette institution remonte à l'année 15(30. Après les dévastations faites à Saint-Jean et dans d'autres localités par le comte de Villars, les pasteurs revenus de la dispersion s'assemblèrent incontinent dans un petit village des Cévennes nommé Eigladines ( voir Bèze, tom. I, pag. 214), et,

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