‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 18 sur 253 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

le nom de Dieu invoqué, ils prirent la résolution de visiter et de redresser les pauvres églises circonvoisines, et même les plus éloignées. Alors et à diverses époques, furent successivement députés: Robert Maillard, ministre de Mialet, pour visiter les églises d'Alais, Uzès, Bagnols, Pont-Saint-Esprit et autres de ce quartier; Chassanion, de Montpellier, pour Nimes et autres églises circonvoisines; Pasquier Bout, ministre d'Anduze, pour son église et autres d'alentour ; Tarlas, ministre de Sauve, pour Saint-Hippolyle , Ganges, Le Vigan et autres des Cévennes ; Jean Grignan, ministre de Sommières et des églises d'alentour ; Olivier Tardieu, ministre de Saint- Jean , pour Montpellier , Gignac et autres lieux voisins. C'était là, on le voit, une véritable mission intérieure. Elle fut exécutée, dit Th. de Bôze, avec une merveilleuse assistance de Dieu , de sorte qu'il se trouva que cette persécution avait plutôt peuplé que ruiné les Églises l.

i On ne sera peut-être pas fâché de trouver ici la désignation des lieux de culte où furent célébrés les baptêmes de 1561 à 1566. Nous la donnons telle que nous la trouvons dressée de la main de Régis, dans un registre du consistoire. Ils furent célébrés au temple des Tables , à Saint-Firmin , chez Tuffany, à la Loge, à PÊcole-Mage, chez M. Formy, chez Charron, à Chàteauneuf, enlinchez M. de Combas, dans la salle où l'on faisait le catéchisme.

Fin de 1562.

Troubles à l'occasion du rétablissement de la messe. — La guerre civile est imminente dans le royaume. — On s'y prépare à Montpellier. — Baudiné et Joyeuse. — Assemblée générale. — Défaite de Lézignan.

— Les faubourgs sont rasés. — La liberté de conscience à cette époque.

— Assemblée des États à Mines et à Carcassonne.

Nous avons laissé les catholiques et les protestants dans les dispositions les plus pacifiques , et les seigneurs de Joyeuse et de Crussol fort heureux de ces dispositions. Malheureusement elles ne se soutinrent que bien peu de temps. La rupture eut lieu le dimanche 12 avril, à l'occasion du rétablissement de la messe. C'étaient des prêtres étrangers qui la disaient à Saint-Firmin, car ceux de la ville n'avaient pas osé le faire. La foule était immense dans l'église et hors de l'église. Des cris furent poussés au dehors; on s'eiïraya au dedans , et la messe ne put être terminée qu'avec beaucoup de peine. Les historiens sont unanimes à reconnaître que les autorités , alors protestantes, firent tous leurs efforts pour garantir les personnes et apaiser la sédition. Crussol et Joyeuse, qui avaient été témoins de ces désordres, quittèrent la ville le surlendemain, la laissant dans un état pire

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