‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 176 sur 253 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

une assemblée tout à fait extraordinaire , car on y comptait 20,000 âmes venues de très-loin. Il y avait neuf pasteurs. L'assemblée eut lieu en plein jour, sous des tentes. Trois jeunes gens s'y présentèrent pour être reçus proposants : deux furent admis , le troisième ajourné.

Une autre assemblée, très-nombreuse aussi et qui doit avoir pour nous un intérêt particulier, vu que Rodenel, pasteur de Montpellier, y fut admis au saint Ministère , se réunit à une demi-lieue de Quissac, à l'aile d'un bois , tout près de la rivière du Vidourle. Cette assemblée , qui fut tenue le 6 décembre probablement de la même année , avait été convoquée pour l'élection de nouveaux pasteurs. Au dire de la relation que nous avons entre les mains, elle fut la plus nombreuse que l'on eût encore vue, excepté sans doute celle du bois de Saint-Bénézet dont nous venons de parler. Quatorze ou quinze pasteurs y étaient accourus, suivis d'un grand nombre de personnes, surtout des diocèses de Montpellier, Nimes, Uzès, Viviers et Alais. On y imposa les mains à dix proposants, qui furent reçus ministres.

Ce n'était pas là une simple assemblée d'édification , on s'y occupa aussi d'organisation. La carte de la province fut soigneusement étudiée, et l'on assigna à chacun des récipiendaires le champ dans lequel devait s'exercer son ministère pastoral. Cette répartition avait pour but de distribuer les ministres de telle sorte que toutes les parties de la population pussent

être visitées , instruites , et que les mariages ef, les baptêmes fussent régulièrement célébrés. On désirait surtout que les ministres, ouvriers dans le même champ , eussent entre eux des rapports aussi suivis que les circonstances le permettaient. Cette assemblée dura vingt-quatre heures. Les mesures avaient été si bien prises , que rien n'y manqua pour h manger et pour le boire, et que l'ordre fut parfait. C'est au ministre Boyer, de Marsillargues, que revient l'honneur de ces sages dispositions. Dès la veille, il s'étaiC rendu au lieu fixé pour la réunion , monté sur son cheval gris et accompagné de beaucoup de jeunes gens de la Vannage, dont plusieurs aspiraient au saint Ministère. Par leurs soins et sous sa direction, la fête se trouva parfaitement organisée. La libéralité des riches négociants qui étaient accourus de toutes parts, fournit au bureau du Consistoire de grosses sommes d'argent. (Lettres de Cour, n° 118.)

La famille Bénézet se faisait remarquer à Montpellier par son attachement pour son culte. Une de ses filles était enfermée, par ordre du roi, au couvent de Saint-Charles , et l'on supposait que Bénézet avait formé le projet de passer à l'étranger. Déjà il avait éloigné sa femme et ses enfants, et l'on prétendait qu'il s'occupait de la vente de ses meubles, effets et marchandises : Bénézet était négociant. Ces bruits étant venus aux oreilles de l'intendant Le Nain, il délégua le sieur Baudouin , subdélégué à Montpellier, pour informer l'affaire. Bénézet fut interrogé sur ses

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