‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 178 sur 253 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

haut Languedoc , doit être mis ici en relief avec d'autant plus de raison que MM. Haag dans la France protestante, et M. Charles Coquerel dans son Histoire des Églises du désert , laissent complètement ignorer qu'il ait rempli des fonctions pastorales dans cette contrée. La correspondance dont nous avons parlé ci-dessus ne permet aucun doute à cet égard. Nous pouvons ajouter que la physionomie pastorale d'Olivier est peut-être celle qui s'est le mieux conservée dans les souvenirs traditionnels des protestants du haut Languedoc. Du côté de La Caune , et tout particulièrement au vallon deViane , le nom de M.Olivier est encore dans la mémoire de tous les vieillards. On prétend qu'il avait été militaire, et qu'il avait conservé les allures et le courage d'un soldat. On nous a montré l'endroit où il aurait rencontré un espion qui avait fait sur son compte beaucoup de rapports faux et vrais, et où il lui aurait recommandé, après lui avoir donné une volée de coups de canne , de ne pas oublier de dire que c'était M. Olivier qui l'avait ainsi étrillé. Cet espion, qui s'appelait Frontil, du hameau de Pierre- Ségade , avait la coutume d'aller trépigner un champ pendant la nuit, l'un de ses pieds chaussé d'un soulier, l'autre d'un sabot, et de fonder là-dessus une dénonciation sur l'existence d'une assemblée.

La tradition ajoute encore qu'un jour Frontil avait fortement chargé son arme pour tirer sur M. Olivier. Pendant qu'il rôdait afin de le rencontrer, une pièce de gibier (on pousse l'exactitude jusqu'à dire que c'était

un canard sauvage) étant passée à sa portée, il tira sur elle; mais le fusil ayant éclaté, Frontil eut le bras fracassé. Les protestants du lieu ne manquèrent pas de voir dans cet accident un juste châtiment du Ciel.

Les assemblées poursuivaient leur cours à Montpellier et dans la province. M. d'Aguesseau écrit le 2 mai 1748 : « Les protestants n'ont pas fait beaucoup d'assemblées dans le courant de l'hiver 1 748, à cause du froid sans doute, et à cause de la présence des troupes ; mais ces assemblées se renouvelleront à l'approche de leur départ. »

En effet, les non-catholiques de Montpellier et de Pignan qui avaient été condamnés le 7 juin I 747, pour une assemblée tenue le 31 mai , à 4,000 'livres d'amende et à 372 livres de frais , le furent encore pour un semblable délit, conjointement avec ceux de Cournonterral , le 1 5 juin de l'année suivante , à la même amende de 4,000 livres, et eurent 297 livres de frais à payer. Il y eut encore de semblables condamnations pour Montpellier et Mauguio , le 27 mars 1749 , le 21 avril et le 31 août 1750. Nous négligeons les amendes particulières qui tombèrent sur quelques sections isolément.

La question des mariages et des baptêmes au désert, dont on s'était occupé depuis longtemps , et qui avait été si souvent reprise et toujours ajournée, revint sur le tapis après la paix d'Aix-la-Chapelle. Une lettre de M. de Bernage nous fait connaître à la fois la peine qu'il se donnait pour calmer les évêques , et son opi-

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