CHAPITRE IV C
qu'auparavant. Quand les passions populaires sont déchaînées, il est si difficile de les apaiser !
L'Édit de janvier était ouvertement violé. Toute espèce de réparation était refusée pour le massacre de Yassy ; les Guises régnaient à la cour sous le nom d'un enfant ; le connétable de Montmorency, a la tête du peuple de Paris , se livrait, contre les prêches de Popincourt et du faubourg Saint-Jacques , à des exploits qui le faisaient surnommer le capitaine brise-bancs. La guerre était imminente ; les protestants durent s'y préparer. Ils le firent avec une grande vigueur. Ne se croyant plus obligés d'observer un édit qu'on transgressait ouvertement à leur égard, ils quittèrent le fossé des x\rbalétriers, où la pluie les incommodait beaucoup, et se réinstallèrent dans l'église Notre-Dame. Les portes de la ville furent fermées , la garde renforcée; on saisit le trésor de Saint-Pierre (GOO marcs d'argent) pour en solder les troupes ; on alla s'emparer du château de Maguelonne, afin d'être maître du passage de l'étang , et les communautés des environs de Montpellier s'obligèrent par acte public à fournir un certain nombre de gens de guerre pour la défense du roi, que l'on disait opprimé,
A cette, armée , il fallait un général. Ce fut alors que Jacques de Crussol (Baudiné), qu'il ne faut pas confondre avec le comte Antoine, son frère, fut envoyé en Languedoc par le prince de Condé. Il arriva à Montpellier vers la fin du mois de mai 1 562, où il prit le titre de général des compagnies des gens de guerre
levées en Languedoc pour soutenir la religion et la délivrance du roi, de la reine et de M. le duc d'Orléans, captifs. Dès-lors, le gouvernement de la province eut deux chefs, Baudiné et Joyeuse. Le premier résidait à Montpellier, et le second à Narbonne.
Baudiné fit une prompte expédition sur Béziers, pour mettre Agde, Pézenas et Montagnac en sûreté. En rentrant cà Montpellier, il rappela quelques troupes occupées à faire le siège deLodève.
La ville de Montpellier était gouvernée par un conseil composé de vingt-quatre membres , et, dans les cas graves, il se renforçait d'un nombre considérable de citoyens ; il prenait alors le nom d'assemblée générale.
Comme premiers membres, Messieurs de la Cour des aides proposèrent de tenir une de ces assemblées, pour remédier aux maux présents et futurs. La proposition ayant été agréée par tous les corps de la ville, l'assemblée se réunit dans la salle de la Cour des aides, le 30 mai 1562.
Étaient présents :
Pour la Cour des aides : François de Chef-de-Bien, général de finances en la généralité de Montpellier ; Pierre de Pamissa, Simon de Beauxhostes, premier et second présidents ; Etienne de Combes , Antoine Tremolet, Jean Philippy, Nicolas Grille, Pierre Mathai, Guillaume de la Coste, Michel de Saint-Ravy, Jean de Lauzelergues, Paul Le Clerc, Léonard Aguillon ,. et Etienne Ranchin , tous conseillers; Jacques de Mon-