‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 184 sur 253 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Dans ces temps difficiles, la réunion des synodes était impraticable. A la date du 27 septembre 1753 , on avisa au moyen transitoire que voici, pour en tenir lieu : « Vu la difficulté des temps , qui ne permet pas d'assembler les synodes sans de grands dangers, il y aura une commission composée de trois pasteurs pour le règlement des affaires. » Cette même délibération règle le partage à faire des collectes entre les Églises de Montpellier et de Mauguio , lorsqu'elles se réunissent en une seule assemblée. « Quant aux Églises , y -est-il dit, se réunissant sur le territoire de Montpellier et de Mauguio, si la collecte ne dépasse pas huit livres, elle sera partagée en deux portions égales ; quand elle atteindra un chiffre plus élevé, la part de Mauguio ne sera jamais que de quatre livres. »

Quelle fut la suite des démarches et des pourparlers de M. de Richelieu? Il est certain que sa présence ramena un peu de calme et de tranquillité dans la province ; et s'il ne parvint pas à changer l'opinion des évêques, il réussit peut-être à l'ébranler un peu. C'est du moins ce qu'il est permis d'induire d'une lettre qui lui fut adressée ainsi qu'à M. de Saint-Florentin, l'année suivante , par M. de Saint-Priest :

«Le 24 octobre 4753.

» A M. le comte de Saint-Florentin, à M. le maréchal de Richelieu.

» Monsieur l'évêque de Montpellier m'a assuré que celui d'Uzès s'était enfin rendu sur l'abjuration et la

profession de foi par écrit, et qu'il n'exigerait plus à l'avenir ni l'une ni l'autre pour le mariage des nouveaux convertis . mais que ce prélat croyait devoir exiger de leur part une profession de foi verbale en présence de deux témoins. J'ai demandé à M. l'évêque de Montpellier quelle forme M. d'Uzès entendait donner à cette profession ; il m'a dit qu'il avait lieu de croire qu'elle se ferait sans solennité et de la manière la plus simple.

» J'ai l'honneur, etc.»

Le calme dont jouit un moment la province ne fut malheureusement pas de longue durée. Déjà la bienveillancedu duc de Richelieu avaitété diminuée, sinon entièrement détruite, par une fausse nouvelle de révolte dans la Gardonenque qu'on était venu lui apporter à Avignon, lors de son départ ; et dès l'année suivante les persécutions recommencèrent avec une nouvelle intensité. On parut attacher plus de prix à la capture ou au départ des ministres. Sans les effrayer, ce redoublement de rigueur ne fit que les porter à user de plus de précautions. Il résulte des rapports d'un espion, Puéchenille, dit Lagarde, employé depuis longtemps par M. de Saint-Priest, que les ministres, bien loin de songer à sortir du royaume, ont pris de plus grandes et de nouvelles précautions pour éviter d'être surpris et capturés. On ne peut leur parler qu'en passant de main en main par sept ou huit personnes ; ils se logent ordinairement dans des lieux élevés, afin de

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