‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 189 sur 253 · CHAPITRE Vf AYy · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vf AYy

plus fréquentes et plus nombreuses, Il y en a eu trois au lieu de Chambon, diocèse du Puy, les 15, 17 et

10 du mois dernier, suivant ce qu'on me marque. Celle du 17 était composée de plus de G, 000 personnes. Hier, jour de Pâques, il en a été tenu une à demi-lieue de Montpellier, qui était extrêmement nombreuse, et certainement il y en a eu également dans toutes les parties de la province qui sont peuplées de religionnaires. »

L'intendant indique encore, dans une autre lettre, un moyen dont les religionnaires se servaient pour multiplier les assemblées: les minisires avaient ordonné des prières publiques par rapport aux gelées et aux calamités de ce temps, et sous ce prétexte, ajoutet-il, les assemblées étaient devenues plus fréquentes; il s'en tenait même tous les jours auprès de la ville d'Uzès.

Si ces assemblées suivaient ainsi leur cours, ce n'était pas l'intention de les arrêter qui manquait, mais tout simplement les moyens. « Les religionnaires, accoutumés depuis un certain temps à un exercice fort libre de leur religion, et faussement persuadés que le roi les tolère, se porteraient peut-être à une hardiesse et à des excès qu'il est prudent de prévenir.

11 faut effrayer les ministres et les porter à s'éloigner. » (5 août 1767. )

Mais les ministres ne s'effraient pas, et chaque jour les assemblées gagnent du terrain. Voici le diocèse de Lodève qui est à son tour envahi. Son évêque se plaint

(Lettres de cour, n° 110) que les religionnaires commencent à tenir des assemblées dans son diocèse , où -il n'y en avait point eu jusqu'à présent, et il demande au ministre de remédier à ce mal. « Le mal est général, ajoute l'intendant, et on ne peut pas plus l'empêcher là qu'ailleurs, parce qu'il n'y a pas dans la province la quantité de troupes qu'il faudrait pour cela. Au surplus, ces assemblées dont Monseigneur l'évêque de Lodève se plaint, n'ont rien eu d'extraordinaire, puisque M. le comte de Moncan ni moi n'en avons pas été instruits d'une manière à donner de l'inquiétude. »

Nous interrompons ici l'histoire des assemblées, que nous aurons à reprendre dans la période suivante, pour finir de caractériser l'époque dont nous venons de nous occuper, et que nous terminerons par quelques détails sur la captivité de ses prisonniers , car nous avons encore à mentionner des traits qui lui appartiennent.

Les mariages célébrés au désert étaient très-nombreux, nous l'avons dit; il serait aussi impossible que superflu de vouloir en donner une nomenclature complète, mais dans ce nombre il s'en trouvait quelquesuns qui attirèrent particulièrement l'attention. Celui de M. Lecointe fut de ce nombre. Lecointe était un capitaine réformé, du régiment de l'Ile-de-France, dont le père, encore vivant mais fort âgé, avait été doyen des conseillers du présidial de Nimes. Lecointe père était

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