‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 193 sur 253 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

Lieux de détention. — Galères. — Couvents. — M. de Saint-Bonnet et son établissement de la Propagation de la foi. — Le château de Fcrrières. — Le fort Brescou. — La tour de Constance. — Trois listes inédites de détenues.

La législation qui régissait les protestants leur infligeait des peines sans nombre ; on les punissait pour toute sorte de choses. Avaient-ils des enfants qu'ils voulaient élever dans leurs sentiments et former selon les croyances qu'ils tenaient pour les véritables , vite on les leur enlevait, pour les soustraire à ce danger. S'agissait-il de personnes exerçant une profession interdite , la médecine, la pharmacie, le commerce de la librairie, par exemple, l'amende et la prison étaient là pour les ramener à l'obéissance. Enfin, on sait le grand nombre d'arrestations qui avaient lieu pour le crime de fréquentation des assemblées , détention de livres religieux, asile donné à des ministres, et bien d'autres délits encore. On le comprend, ces mesures ne pouvaient que donner beaucoupde prisonniers, et, pour enfermer tant de monde, il fallait bon nombre de lieux de réclusion. Nous pouvons les diviseren trois classes:

1° Les maisons d'éducation;

2° Les maisons de détention ;

3° Les galères;

4° Enfin, quand les prisons étaient insuffisantes , on recourait à la déportation dans les colonies.

Nous ne parlerons pas ici des déportations; nous en avons dit ailleurs quelques mots, et cela suffit. Nous nous bornerons à rappeler qu'un certain nombre de galériens protestants ramaient sur les vaisseaux du roi à Marseille et à Toulon. Les sieurs André Bernard , Henri Martel et Etienne Chapelier, condamnés aux galères le 17 janvier 1750, pour avoir assisté à une assemblée tenue dans l'arrondissement de Lussan , y étaient encore en 1765, ainsi que Jacques Martin, condamné le 8 mars 1 729 à faire amende honorable et aux galères perpétuelles, pour avoir introduit dans le royaume des livres à l'usage de la religion prétendue réformée. Ce dernier était âgé de 80 ans. Nous mentionnons ces captifs, qui subissaient leur peine à Marseille avec bien d'autres , parce qu'il nous est tombé sous la main une lettre de M. Hurson , intendant de la marine, qui écrivait le 18 novembre 1765, sans doute en réponse à quelque question qui lui avait été adressée à leur sujet : «Ils se sont toujours bien conduits.» Le dernier de ces martyrs de leur foi, Jean Roque (deBeauvoisin)1, avait été pris à une assemblée,

1 II ne faut pas confondre Jean Roque avec Pierre Roque dit Lnttrapat , aussi de Reauvoisin , qui fut condamné à mort, par

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