‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 195 sur 253 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

tions pour fait de religion protestante, avait eu l'idée de fonder un collège compulsoire où l'on élèverait les enfants enlevés. On aurait eu alors le spectacle bizarre d'une école-prison, puisque les enfants y auraient été renfermés contre le vœu et contre l'autorité manifeste de leurs parents.» Ce que M. Coquerel représente comme un simple projet se réalisa pleinement, et l'établissement dont il s'agit eut au moins trente-sept ans d'existence.

La création de cette maison , appelée de la Propagation de la foi , remonte à l'année 1747. Elle eut pour fondateur M. de Saint-Bonnet, vicaire-général de l'évêque de Montpellier, ci-devant curé de Notre- Dame, dont le nom s'est présenté bien souvent à nous dans nos recherches. Dès l'année de sa fondation, cette maison comptait déjà douze élèves (Pièces justificatives) pensionnés par le roi sur les fonds des amendes. On y comptait aussi trente autres enfants des nouveaux convertis, dont la pension était de 15 livres par mois. Les Frères des écoles, dont le supérieur était à Rouen, dirigeaient l'établissement, auquel on se proposait de donner beaucoup d'extension. Pour y être admis, il fallait être âgé de moins de 14 ans et appartenir h la province de Languedoc. Les enfants y apprenaient un métier et en sortaient un ou deux ans après leur première communion.

Dans un compte-rendu des fonds provenant des amendes, du 9 mai 1 750, M. de Saint-Bonnet est mentionné comme recevant annuellement une somme de

2,160 livres pour douze pensionnaires placés à la Propagation de la foi; et l'intendant répond à M. de Saint- Florentin, qui le consultait à ce sujet: «Il n'est pas possible de rien retrancher sur ces pensions , sans porter un préjudice notable au bien de la religion.»

Le 30 avril 1758, M. de Saint-Bonnet touchait sur le trésor royal la somme de 1 ,080 liv., pour la moitié de la pension de douze enfants religionnaires qui étaient dans la maison desColombyde cette ville, et il en faisait son reçu.

Cet établissement existait encore le 30 mars 1784, ainsi qu'il résulte d'une lettre de M. le vicomte de Saint-Priest fils au baron de Breteuil, dans 'laquelle il lui parlait du jeune Quintal, dont le père était protestant et le grand-père catholique. C'était dans la religion du second qu'il était question de le faire élever, contre l'intention formelle du premier.

Les principales prisons du Languedoc où les protestants subissaient leurs peines étaient , pour les hommes, le château de Ferrières, dans le diocèse de Castres, et le fort Brescou, dans celui d'Agde; pour les femmes, la tour de Constance, à Aiguës-Mortes. Les tableaux que nous donnons aux Pièces justificatives feront connaître les prisonniers renfermés dans les deux premières. On y remarquera des noms bien connus, que nous trouvons plus tard aux galères de Toulon et de Marseille. Si nous avions à faire l'histoire particulière des hommes qui furent arrêtés pour

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