‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 198 sur 253 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Dans son Histoire des Églises du désert , tom. I , pag. 519, M. Charles Coqucrel donne une liste des captives de la tour de Constance , dressée par l'une d'elles, Marie Durand, en 1754; elles étaient encore vingt-cinq. II n'en restait plus que quatorze en 1768, époque où elles reçurent la visite de M. de Beauvau, qui fut profondément touché de leur état , plaida leur cause et finit par obtenir leur liberté. Toutefois, celles de ces infortunées qui avaient survécu ne sortirent pas toutes ensemble et n'eurent pas la satisfaction de confondre leurs joies, comme elles avaient mêlé leurs larmes et leurs prières. Ainsi que pour les galériens et pour les autres détenus que l'on consentait à mettre en liberté , elles eurent à payer une rançon, et les Églises s'imposèrent des sacrifices à cet égard: elles le firent avec joie. Ce n'était certes pas payer trop cher les exemples de foi et de persévérance que ces martyrs du protestantisme leur avaient donnés. Nous ignorons l'étymologie { du nom de cette tour célèbre où tant de femmes protestantes eurent à expier le crime d'avoir voulu servir Dieu contrairement aux ordres du roi ; mais on aime à remarquer que ce nom est symbolique, et que ces épaisses murailles parlent éloqnemment de la constance que la foi chrétienne est seule capable d'inspirer.

1 Des efforts ont été faits pour arriver à la connaissance de l'étymologie «lu nom de Constance; on peut voir ces différentes tentatives dans l'Histoire d'Aigues-Mortes, par F.-Enr. di Piétro, pag. IIS. Aucune n'est satisfaisante.

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