‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 199 sur 253 · CHAPITRE UNIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE UNIQUE

Le sujet se resserre. — Assemblée et synode du mas de Mourics. — Un changement s'opère dans l'état des protestants. — André Bastide. — Rabaut-Pommier. — Le mas de Merle. — Le bureau ou consistoire.

— Comment se faisaient les inhumations. — Discours d'un archevêque au saere de Louis XVI. — Tentative de persécution. — Le temps en est passé. — Troisième cimetière. — ■ Mme Necker à Montpellier. — Fondation d'un hospice. — Mme la comtesse de Durfort. — Rabaut-Pommier recherché par l'Église de Bordeaux. — Délibération honorable. — Rabaut-Pommier représentant. — Louis Buisson. — Un jeûne converti en Te Deum. — Honoré Michel. — Regrets au sujet des synodes. — La loi de germinal anX. — Adresse aux consuls.

— Bienveillance fraternelle. — Dédicace du temple. — Organisation du consistoire d'après la loi de germinal. — Création de deux places de pasteur. — Pasteurs actuels. — Prospérité matérielle. — Cause de cette prospérité.

Au point où nous sommes arrivé, l'horizon se resserre, et l'œil, n'ayant pas à s'étendre aussi loin, peut examiner de plus près et s'arrêter davantage aux détails. Néanmoins, tout en nous attachant avec un soin particulierà l'Église de Montpellier, nous continuerons à mentionner les faits d'un intérêt général qui sont

comme le retentissement prolongé d'une législation expirante. Le Gouvernement n'a plus l'intention de la faire observer, mais elle se meut encore par sa force d'impulsion.

Une assemblée tenue au mas de Mouriès, commune de Vic-lou-Fesc, diocèse d'Uzès , fut l'objet d'une dénonciation et d'une poursuite. Le premier consul du lieu, qui portait le nom de Théron, écrivit à l'intendant, sous la date du 8 mai 1771 , une lettre dans laquelle nous lisons que «les ministres protestants arrivèrent le 29 et le 30 avril , dans la matinée , au nombre de 80 , selon l'aveu des protestants euxmêmes. En outre, il y avait 27 ou 28 proposants.» Les protestants de tout le voisinage assistèrent à cette assemblée. Le synode qui la suivit fut ouvert le même jour et ne se termina que le 4 mai. Ces détails sont précieux, car ils font connaître ce que le procès-verbal de ce synode ne dit pas, savoir, le lieu de la réunion. Il paraît que les protestants étaient dans une sécurité complète et n'avaient point la crainte de déplaire à l'autorité. D'après la lettre du premier consul Théron, le bruit s'était accrédité parmi eux que l'intendant envoyait son secrétaire pour assister au synode en qualité de commissaire du Gouvernement. Ce synode eut beaucoup d'éclat et produisit une certaine émotion. Pour ce motif sans doute , des poursuites furent intentées. Chambon , subdélégué d'Uzès , eut mission d'instruire l'affaire; il ne s'ensuivit aucune condamnation.

Page 1