‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 201 sur 253 · CHAPITRE UNIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE UNIQUE

synodes. Jusqu'à l'année 1769 inclusivement, les procès-verbaux mentionnent bien les pasteurs qui prennent part à l'assemblée, mais ne nomment jamais les Églises qu'ils représentent. On voit qu'il y avait là quelques précautions à prendre. Avant cette époque , les ministres étaient obligés de changer sans cesse de place, pour se soustraire aux poursuites ; il y avait des pasteurs de province et non de localité. A dater de cette année, chaque pasteur a son Église , dans laquelle il réside et qu'il représente aux assemblées. Cette observation bien constatée indique le point de départ d'une ère nouvelle. Le synode de 1770, le premier qui donne les noms des Églises auxquelles les pasteurs sont attachés, dispose, dans son article 5, qu'à dater de ce jour, des registres visés par les colloques seront tenus dans toutes les paroisses.

Le mas de Merle, où les protestants tenaient leurs assemblées, est situé près de Montpellier, à l'extrémité du faubourg Figairolles, au nord de la route de Pignan, dans un pli de terrain qui le dérobe aux regards. On traversait une petite cour qui donnait accès à un espace formant un parallélogramme peu allongé, clos de murailles. Cet espace, maintenant occupé par un jardin, était alors recouvert d'une pelouse. A l'une des faces latérales (celle du nord-ouest) était adossé un hangar élevé qui occupait à peu près le tiers de la longueur. C'est sous ce hangar que la chaire était dressée. Une vaste tente, fixée d'un côté à la toiture et de l'autre à la muraille opposée, formait une sorte de toit incliné sur

la tête des auditeurs , qui prenaient place sur des chaises et des bancs. Quelques changements ont été apportés aux dispositions de ces lieux. Au moyen d'un mur que l'on a fait construire sur le devant, le hangar dont il vient d'être parlé a été converti en grange. Il est facile de reconnaître cette réparation à la lézarde qui marque la ligne de jonction du mur ancien et du mur nouveau, sur la façade intérieure, du côté du jardin. Cette lézarde n'existe pas au mur extérieur parallèle et opposé, qui évidemment est tout de la même construction.

Nous avons eu le privilège de visiter cet antique lieu de culte avec une respectable dame de notre Église, qui y fit sa première communion de la main de Rabaut-Pommier ; c'est à elle que nous devons de pouvoir produire des renseignements aussi précis sur ce sujet intéressant.

A peine l'Église de Montpellier eut-elle trouvé un peu de calme , qu'elle en profita pour se donner une organisation en vue du soulagement des pauvres. Elle nomma un bureau qui était un véritable consistoire. Le 1 7 mars 1 778, une assemblée générale des principaux contribuables protestants fut réunie. Le bureau lui présenta ses comptes et lui soumit un projet de réforme pour l'avenir. L'assemblée ne put qu'applaudir à la manière dont le bureau avait géré les fonds provenant des aumônes, et, sur la proposition du président Rabaut-Pommier, une commission de huit membres, quatre de l'assemblée et quatre du bureau, eut

Page 1