‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 202 sur 253 · CHAPITRE UNIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE UNIQUE

mission de préparer un projet de règlement. Ce projet, mûrement discuté , fut enfin adopté dans une autre assemblée des mêmes notables. Il avait 18 articles; en voici le premier, qui est constitutif: «Le bureau sera composé de douze administrateurs et d'un président. Six d'entre eux seront pris du nombre des anciens actuels ou de ceux qu'ils trouveront bon de désigner, et les six autres choisis parmi les notables. De ces douze administrateurs, non compris le président, il en sortira deux toutes les années, savoir: un ancien et un notable , qui , pour les cinq premières années, seront tirés au sort, et, dans la suite, par rang d'ancienneté, ils seront remplacés par le bureau, savoir: un parmi les anciens et un parmi les notables.»

Les membres du bureau nommés pour la première fois, en vertu de ce règlement, furent : MM.BIouquier père, Cabane père, Colombiés, Isnel, Allut père, Teissier, Marguerit , Gourbieille , Verdier aîné , Bonne aîné, Fregefon cadet, Bonnafoux, secrétaire, et Germain père. Les six premiers furent pris parmi les anciens, et les six derniers parmi les notables. Rabaut- Pommier présidait le bureau.

Le dernier cimetière des protestants leur avait été enlevé le 19 octobre 1685 ; c'est du moins la date du procès-verbal de prise de possession du cimetière par L'Hôpital* Général. Il n'est pas sans intérêt de savoir comment les inhumations furent pratiquées après cette époque. La réponse nous serait ici fournie par la tradition et par des usages qui existaient encore il y a

quinze ans, dans les villages voisins de Montpellier.

Les protestants étaient enterrés dans des propriétés privées, et le plus souvent dans des lieux couverts, tels que hangars , caves ou remises. Nous possédons une correspondance à l'appui de ce qui vient d'être avancé.

M. de Bernage , voulant connaître comment était observé l'article 13 de la déclaration du roi du 9 avril \ 736 ' , écrivit à ses subdélégués pour obtenir des renseignements précis à cet égard. Voici ce que répondit M. Baudouin , pour le diocèse de Montpellier : «On n'a dans ce département presque aucune connaissance de la déclaration dont il s'agit. Les nouveaux convertis y sont enterrés furtivement. Leurs parents font dresser par les juges des lieux un verbal qui leur sert à constater le décès , et les choses y sont encore aujourd'hui au même état où elles étaient avant la déclaration.» Les lettres des curés de Lunel et de Ganges, que M. Baudouin joint à la sienne, confirment ce qu'il a marqué. Les renseignements sont à peu près les

1 Article 13 de la Déclaration du 9 avril 4736. « Ne seront pareillement inhumés ceux auxquels la sépulture ecclésiastique ne sera pas accordée, qu'en vertu d'une ordonnance du juge de police des lieux, rendue sur les conclusions de notre procureur, ou de celui des haut justiciers, dans laquelle ordonnance sera fait mention du jour du décès et des nom et qualité de la personne décédée , et sera fait au greffe un registre des ordonnances qui seront données au dit cas, sur lequel il sera délivré des extraits aux parties intéressées, en payant au greffier le salaire porté par l'article 19 ci-après.

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