‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 203 sur 253 · CHAPITRE UNIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE UNIQUE

mêmes pour Nimes. M. de Gaveyrac affirme qu'à peine y compterait-on trois ou quatre permissions demandées aux officiers de justice pour inhumer les nouveaux convertis, et qu'on les enterre dans des champs et quelquefois dans leurs propres maisons.

En certaines localités, les protestants se conforment à la loi.

Quelques parents nouveaux convertis, après avoir fait baptiser leurs enfants à l'église, les enterrent dans des champs, lorsqu'ils meurent avant l'âge de raison. M. le cardinal de Fleury ordonne qu'ils seront exhumés et transportés en terre sainte, aux frais des père et mère.

Louis XV, ce roi dissolu, dont le règne fut si humiliant pour la France et si violent pour les protestants , était mort en 1774. Il fut remplacé par son petii-fils Louis XVI, qui devait porter la peine des fautes de ses prédécesseurs. Il n'avait aucun penchant à la persécution, et néanmoins le char lancé par d'autres devait fouler encore des victimes. Le bras du nouveau souverain n'était pas assez vigoureux pour l'arrêter tout d'un coup. Cette législation barbare, déjà repoussée par la nation et par le cœur du monarque, fut encore appliquée quelquefois. Avons-nous lieu de nous en étonner lorsque nous voyons, à l'époque du sacre du roi, l'archevêque Lomenie de Brienne lui adresser, au nom du clergé de France, les paroles que voici : « Vous réprouverez les conseils d'une fausse paix , les systèmes d'une tolérance coupable.

Nous vous en conjurons, Sire, ne différez pas d oter à l'erreur l'espoir d'avoir parmi nous des temples et des autels ; achevez l'ouvrage que Louis le Grand avait entrepris et que Louis le Bien-aimé a continué. Il vous est réservé de porter le dernier coup au calvinisme, dans vos États ; ordonnez qu'on dissipe les assemblées schismatiques des prolestants; excluez les sectaires, sans distinction, de toutes les branches de l'administration publique , et vous assurerez parmi vos sujets l'unité du véritable culte chrétien '.»

En effet, il y eut des poursuites contre les assemblées; on essaya d'empêcher les mariages et les baptêmes au désert , et quelques protestantes languirent encore dans les couvents où on les avait enfermées contre le gré de leurs parents.

Les magistrats se présentèrent dans une assemblée tenue h Ferrières, diocèse de Castres, et la troublèrent, en 1774. La demoiselle Deluzier de Natte, enfermée, en 1764, clans la maison des Dames Régentes de Mirepoix, à l'âge de sept ans, y était encore retenue en 1774, et l'intendant, après informations prises, déclare, par sa lettre du 30 novembre, que sa religion ne serait pas en sûreté auprès de son père et de ses frères du second lit, tous protestants. Le père de cette jeune personne habitait une maison située à Tavernon< paroisse de Saint-Maurice, diocèse d'Uzès.

En 1777, des plaintes sont portées contre les pro-

1 Charles Coquerel ; Hist. des tJf/lises du déserl, tom. II, pag. 5.%.

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