‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 204 sur 253 · CHAPITRE UNIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE UNIQUE

lestants de Revel, Sorèze, Puylaurens, Saint-Paul et les environs, par les curés deCouffinal et de Puylaurens. Il est vrai que ces plaintes se fondent sur le motif que les assemblées se tiennent Irop près des églises.

Le 28 juin 1778, l'intendant se croit obligé d'informer le Gouvernement, quoique celui-ci paraisse disposé à beaucoup d'indulgence envers les protestanls, qu'ils ont de fréquentes et nombreuses assemblées dans toutes les contrées de la province qui en sont en partie, peuplées. Il y a partout des ministres en résidence, ajoule-l-il. Les baptêmes et mariages ne se font presque plus qu'au désert. Et même, chose qui paraît trèsimpertinente aux évêques de Rieux et d'Uzès qui s'en plaignent, des chevaliers de Saint-Louis se sont permis de se marier publiquement devant des pasteurs. Les protestants ne gardent plus aucune mesure. Le ministre d'État Amelot prend des informations auprès de l'intendant et semble disposé à sévir. L'intendant répond, le 9 octobre 1779, que rien n'est plus vrai que la licence dont usent aujourd'hui les protestants presque en général, pour leurs mariages et pour leurs baptêmes et assemblées au désert, et fournit après cela des explications particulières.

Les curés demandaient encore des ordres du roi pour enfermer des enfants. Celui de Saint-Gilles, Boissières, voulait faire mettre dans un couvent la jeune Fabrègues, dont le père était protestant, et chez laquelle il croyait remarquer de bonnes dispositions. La réponse que fait M. Amelot a l'intendant sur cette affaire, est

précieuse : «Je ne vous dissimulerai pas, lui dit-il , que la difficulté avec laquelle je vois que le roi se porte à user de son autorité dans les cas pareils, fait que j'ai moi-même une sorte de répugnance à le lui proposer. Ces détentions produisent ordinairement, de la part des parents, des murmures et quelquefois des déclamations qu'il est prudent d'éviter. J'ai remarqué que ce qui y donne lieu surtout, c'est lorsqu'on leur enlève leurs enfants avec violence, ou lorsqu'on veut les forcer de payer leurs pensions.» Le ministre pense qu'il faut se borner à recevoir les prosélytes dans les couvents lorsqu'ils s'y rendent , mais qu'il ne faut pas les y amener. (Lettre écrite de Versailles, le 21 août 1779.)

Au reste, l'on veut bien laisser tomber en désuétude des lois blâmées et embarrassantes , mais on ne veut pas les abroger: «cela ferait trop cï éclat et donnerait aux prolestants ridée que la tolérance leur est accordée ou va l'être , et ils se permettraient bien plu* encore que ce qu'ils osent aujourd'hui .» (Lettre de l'intendant à M. Amelot, 29 mars 1779.)Pourles permissions de vente, par exemple, il faut les accorder trèsfacilement; quand le terme des défenses porté par la déclaration de 1 778 sera expiré, on ne les renouvellera pas et l'on fera dire simplement aux notaires qu'ils peuvent recevoir les actes d'aliénation des biens des nouveaux convertis.

Mais il fallut bien se prononcer. Le sieur d'AIzon de la Pierre, avocat, habitant à Florac, demanda la

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