‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 205 sur 253 · CHAPITRE UNIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE UNIQUE

permission de vendre pour 13,000 livres de biensfonds. Le baron de Breteuil l'informa , le 21 mars I 787, que les défenses anciennement faites aux nouveaux convertis d'aliéner leurs biens , ne subsistaient plus, et qu'ils avaient à cet égard la même liberté que les autres sujets du roi.

Chose étrange! l'édit de 1787, qui rend un état civil aux prolestants, était déjà signé, que les portes iks couvents ne s'étaient pas encore ouvertes pour toutes les recluses prolestantes. La demoiselle Roubel et les demoiselles Roux avaient été enfermées en 1 774, la première aux Ursulines de Vienne, les autres dans le couvent des Céleslins de la même ville ; l'ordre de les mettre en liberté ne fut rendu que le 28 août 1 788.

L'édit que les protestants avaient si longtemps demandé, et qu'ils avaient enfin obtenu, en 1 787, sous le ministère du baron de Breteuil, leur permettait de faire légitimer leurs mariaaeset leurs enfants. Cette liberté incomplète fut développée parla révolution de 1789, qui les mit sur un pied de parfaite égalité avec les catholiques.

Immédiatement après l'édit de tolérance, on se prêta volontiers à l'établissement de cimetières pour l'inhumation des prolestants. Ceux de Montpellier firent diverses démarches afin de s'en donner un, et finirent par se le procurer.

Il est certain, en efl'et, qu'ils le possédaient en 178!». Le bureau d'administration de l'Église inscrivait dans son procès-verbal de la séance du 28 avril , que la

commission nommée pour le cimetière était autorisée à faire les dépenses nécessaires pour une petite maison destinée à inspecter le cimetière et à veiller à la sûreté des cadavres qui y étaient déposés. Elle devait disposer aussi que les murs de clôture eussent 14 pans d'élévation et une épaisseur proportionnée. Il entrait encore dans son mandat d'obtenir de la ville la permission de faire une porte pour l'entrée et une fenêtre pour l'inspection. Il s'agit évidemment là d'une création nouvelle. Bien peu de personnes y furent inhumées ; ce cimetière fut vendu comme propriété nationale. D'après les renseignements que nous avons pu recueillir, il aurait été situé à l'entrée du faubourg Saint-Denis.

La ville de Montpellier a toujours été réputée pour l'excellence de son climat et l'habileté de ses médecins ; ce double avantage y a souvent attiré des étrangers de distinction. Parmi ces derniers, la reconnaissance nous fait un devoir de nommer M™e Necker, femme du ministre de LouisXYI. Le besoin de rétablir une santé compromise la conduisit à Montpellier. Elle était recommandée à M. Poitevin, fondateur de la Société îles sciences et belles-lettres de cette ville, et reçut dans cette maison distinguée l'accueil hospitalier qu'y trouvèrent beaucoup d'autres étrangers. Mmc Necker prit un logement dans une campagne agréablement située, le mas d'Estor, à une petite distance de la ville, sur la roule de Pignan. Celte campagne se l'ait

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