‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 206 sur 253 · CHAPITRE UNIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE UNIQUE

remarquer de loin par sa position élevée et la loulïc de grands pins dont elle est entourée. Mnu Necker avait auprès d'elle sa fille, MIU' Necker, accompagnée d'une institutrice qui la conduisait dans le monde, sa mère en étant empêchée par l'état de sa santé. Cette jeune personne , alors âgée de 1 5 ou 1 6 ans , était déjà fort remarquée pour la portée de son intelligence et la vigueur de son esprit. On pressentait tout ce qu'elle devait devenir un jour sous le nom illustre de M,,,c de Staël. .Mll,e Necker était déjà connue par sa bienfaisance , lorsqu'elle se rendit à Montpellier. Un des hôpitaux de la capitale porte encore son nom. La pensée lui vint de provoquer à Montpellier la création d'un établissement de ce genre pour la communion protestante, et le pasteur Rabaut-Pommier fut chargé d'offrir au bureau ou consistoire une somme de 3,000 livres de la part d'une dame anonyme , en vue de celte fondation. La proposition, faite dans la séance du 8 février 1785, fut accueillie avec reconnaissance, et, quelques mois plus tard, un hospice protestant était installé au nord-ouest de la ville, tout près de la grille du Jardin des Plantes, dans la rue qui porte aujourd'hui le nom de Barthez et dans la maison appartenant à Mme Dubrueil. La veuve Michel Forlier, dont le mari avait été marchand parfumeur au détail, était propriétaire de cette maison, qui fut louée pour sept ans par M. Poitevin, chargé de ce soin par le consistoire. Le prix annuel de la location était de 500 liv. ; mais le consistoire n'eut en réalité que 400 liv. à payer, M. Poitevin ayant

déclaré que la somme de 100 livres, qui dépassait celle que le consistoire avait fixée pour cette dépense, demeurerait à sa charge. Un état des lieux fait connaître que la maison avait un jardin et qu'elle était très-bien appropriée à sa destination. La durée de l'établissement connu sous le nom d'Hôpital Necker, ne dépassa guère celle du bail; il périt au milieu des troubles de la Terreur.

Le règlement de cette maison fait connaître qu'un comité de dames appelées Dames de charité, y exerçait un service de surveillance. Ces dames se relevaient chaque mois. Ceci nous donne occasion défaire connaître l'intérêt qu'une autre étrangère prit à ce même établissement.

Comme bien d'autres, Mme la comtesse de Durfort avait été attirée à Montpellier par la douceur de son climat et la réputation de ses médecins. Elle en retira un tel soulagement qu'elle prolongea son séjour et y fixa pour ainsi dire son domicile ; elle acheta une maison , et nous la voyons figurer parmi les Dames de charité de l'Hôpital Necker, fonction dont elle se démii le 31 juillet 1789, à cause du mauvais état de sa santé. Comme Mme Necker, Mme la comtesse de Durfort avait trouvé le meilleur accueil chez la famille Poitevin, et, en témoignage de sa reconnaissance, elle fit don de la maison qu'elle avait acquise sur la place de la Canourgue, aux enfants de la fille unique de M. Poitevin, Mme la générale baronne de Campredon.

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