CHAPITRE UNIQUE
Nous avons v.ti Rabaut-Pommier arriver comme pasteur cà Montpellier en 1772, et nous l'avons laissé en 1778, au moment où, par ses soins, le bureau ou consistoire venait de se renouveler sur de plus larges bases. Il faut ajouter ici le peu de détails que nous avons pu recueillir sur le ministère qu'il a rempli dans cette cité. Ces détails sont peu abondants , quoique l'Église soit encore toute remplie de son souvenir.
Nous apprenons par le procès-verbal d'un synode tenu au désert, le 27 avril 1779, que la réputatio'n de ce ministre était déjà considérable, et que l'Église de Bordeaux avait fait des démarches pour se l'attacher; mais le colloque de Montpellier et son représentant laïque dans le synode s'opposèrent de toutes leurs forces cà l'éloignement de leur pasteur, et l'assemblée décida, à l'unanimité des suffrages, que, dans les circonstances présentes de la province et de l'Église de Montpellier, il n'y avait pas lieu de répondre favorablement à la demande de l'Église de Bordeaux. Ce digne pasteur fut donc conservé à l'Église de Montpellier.
Des démarches du même genre furent encore renouvelées en 1789; mais Rabaut-Pomier , qui aimait son Église comme il en était aimé , ne voulut pas s'en séparer. A cette occasion , une délibération fut prise ; elle est trop à l'honneur du pasteur et du consistoire, pour que nous ne considérions pas comme un devoir de la reproduire ici. Elle porte la date du 6 mai. » Le consistoire et le bureau d'administration des
deniers fies pauvres protestants de la ville de Montpellier, assemblés en la forme ordinaire et assistés de plusieurs membres notables de la même ville, par M. Marc-Antoine Bazille , secrétaire , a esté dit :
« Messieurs , il nous est revenu qu'une Église étrangère à cette province se proposait d'adresser vocation à M. Jacques Rabaut, notre digne pasteur; vous savez que ce n'est pas la première fois que ses talents et ses vertus lui attirent de semblables invitations , et que nous devons à sa générosité et à l'attachement qu'une habitude de dix-sept années Jui a fait concevoir pour son Église , les refus constants qu'il a opposés aux offres les plus avantageuses. Il est temps, Messieurs , de marquer à M. Jacques Rabaut la reconnaissance que l'assiduité de ses services , son zèle infatigable et ses vertus évangéliques nous ont inspirée , et je vous prie de délibérer sur ces objets intéressants.
«Sur quoi, les voix courues, il a été unanimement délibéré de témoigner à M. Jacques Rabaut les plus vifs regrets de ce que l'Église de Montpellier ne puisse atteindre, par ses moyens, à un traitement proportionné à l'importance des services d'un pasteur qui lui est si cher; et cependant de lui offrir , à compter du 1er du courant, la continuation de la somme de 1 ,800 livres, déjà fixée pour ses honoraires annuels , et de porter à celle de 600 livres la gratification annuelle de 300 livres qui lui avait été déjà accordée , sans que cette gratification puisse en aucun temps tirer à conséquence , le mérite distingué de M. J. Rabaut et dix-