‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 208 sur 253 · CHAPITRE UNIQUK i · texte numérisé non relu

CHAPITRE UNIQUK i

sept ans des services les plus utiles l'ayant seuls déterminée. Il a été encore délibéré que , dans le cas où M. J. Rabaut , toujours attaché à l'Église de Montpellier, ne pourrait pas, à raison de son âge ou de ses infirmités , vaquer aux fonctions de son ministère , il jouirait cependant du rang et du titre de pasteur émérite, et qu'il continuerait à recevoir, sa vie durant, les honoraires de 1 ,800 livres, et qu'alors la gratification ci-dessus mentionnée n'aurait plus lieu. Enfin , il a été délibéré de prier M. Jacques Rabaut d'approuver par sa signature la présente délibération, afin de consacrer l'espoir si satisfaisant pour celte Église de le voir fixé pour toujours dans son sein , et plus n'a esté délibéré.

» Signés: Louis Dezon , Hugues, Dumas, Rigaud père, Poitevin, H. Bascou, Faugère, Parlier, Roqueplane , Isnel , David Bonnafoux, J. Teissier, Vidal, Allut, E. Blouquier, Philippe Bazille, Pierre Pommier, Martin, D.Huc, Pierre Verdier, François Périé, Allut fils aîné , Julien, Nouguier, François Farel, Colombiez , J. J. Bazille , L. Farel, François Tandon, Grand l'aîné, D. Figuière, Sarrus, Banne aîné, Marc- Antoine Bazille, secrétaire; J. Rabaut, pasteur.»

Ce contrat, qui devait cimenter l'union indissoluble du pasteur et du troupeau . fut bientôt rompu par les événements, plus forts que la volonté des hommes. La Révolution éclata. Rabaut-Pommier, nous disent les auteurs de la France protestante, crut, comme bien d'autres, et son frère en particulier, qu'il se rendrait plus

utile en acceptant un mandat de représentant, qu'en continuant de diriger son troupeau. Après avoir été successivement membre de la Convention nationale et sous-préfet au Vigan, il reprit la robe en 1803, et fut nommé pasteur de l'Église de Paris , où il mourut le 1 6 mars 1 820, après avoir été exilé pendant deux ans.

Le pasteur Pierre Saussine fils prit la place de Rabaut-Pommier, et se rendit dans l'Église de Montpellier avant le départ de celui qu'il devait remplacer. Ils signent ensemble sur les registres du consistoire, le 17 mai 1791 . L'année suivante Saussine figure seul, et c'est pour la première fois, le 8 juillet 1793, que nous le voyons remplir les fonctions de la présidence. Une délibération du consistoire nous apprend qu'il avait été appelé à ces fondions le 12 octobre 1792 (l'an i de la République), dans une séance qui eut lieu au jardin de la veuve Michaud, à 4 heures de l'après-midi. Saussine fils avait été pasteur à Nages.

Nous touchons ici à l'époque la plus triste de la Révolution française. Comme un vaisseau au milieu d'une affreuse tempête , l'Église protestante de Montpellier disparaît pendant quelques années au milieu des orages de la Terreur ; mais elle reparaît dans des temps bien difficiles encore, vers l'époque des victoires d'Arcole et de Rivoli, lorsque la France semblait vouloir sortir du crime par la gloire. Le 9 janvier 1797 (20 nivôse an v), les citoyens de Montpellier professant la religion protestante tiennent conseil et décident que l'exercice du culte sera rétabli , en se

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