CHAPITRE UNIQUE
conformant à la loi. Et quelle loi ! on le verra bientôt par la déclaration que le ministre fut obligé de faire. Ils formèrent un consistoire de douze membres, qui furent: Daniel Encontre, Poitevin, Grand, Philippe Bazille, Fnissinet père, Julien, Nouguier, Louis Farel, Frat, Bonnafoux , Faugère et Timothée Dumas. Le pasteur qu'ils appelèrent fut le citoyen Louis Buisson, de Yalleraugue. Voici la déclaration qu'il dut faire devant la municipalité, conformément à la loi du 19 fructidor précédent :
« L'an vime de la République française une et indi- , visible et le 28 brumaire , est comparu devant nous, administrateurs municipaux de la commune de Montpellier, le citoyen Louis Buisson , habitant de cette commune, qui nous a dit que, faisant partie des ministres du culte autorisés k demeurer sur le territoire de la République, il vient, en conséquence de l'art. 25 de la loi du 19 fructidor, faire la déclaration prescrite par ladite loi ; il nous invite en conséquence à recevoir sa déclaration et à lui en donner acte. Sur quoi l'administration municipale, ouï à ce requérant le conseiller du directoire exécutif, a donné acte au citoyen Buisson de sa comparution, et de suite le citoyen Buisson a juré haine cà la royauté et a l'anarchie, amour et fidélité à la République et à la Constitution de l'an m. De laquelle déclaration il lui a été donné acte , et a signé avec nous. Bouquet, Dupy, Blouquier, administrateur municipal ; et Buisson , ministre protestant , signés au registre. Pour copie conforme :
» A. Blouquier, administrateur municipal.»
Dès le dimanche suivant, une assemblée fut tenue dans le jardin Fraissinet, et trois membres du consistoire reçurent la mission de chercher un lieu convenable pour la célébration du culte. Par leurs soins, le manège ne tarda pas à être loué et réparé de manière à le rendre propre à sa nouvelle destination. Ce fut dans ce lieu que les protestants se réunirent jusqu'en 1 803, époque de la consécration de leur temple acluel.
C'est avec bonheur que nous recueillons ici un témoignage de la piété de nos pères. Au milieu des agitations de la terre, qu'il est doux de voir les cœurs s'élever vers le Ciel ! Dans une séance du consistoire tenue le 27 octobre 1 797, quoique le pasteur fût absent, on décida de faire prévenir les fidèles, le dimanche suivant, par une exhortation bien sentie, que, huit jours plus tard, un jeûne solennel serait célébré. «Chacun, dit la délibération, sera exhorté de s'y préparer de manière que, par la sincérité de nos prières et le zèle avec lequel cette dévotion sera effectuée, nous puissions obtenir de l'Être suprême d'apaiser son couroux, en donnant promptement à notre patrie la paix extérieure, et la tranquillité la plus parfaite dans l'intérieur.» Ces pieuses prières furent exaucées avant d'être prononcées: on reçut dans la semaine la nouvelle du traité de Campo-Formio; et, au lieu d'un jeûne à célébrer, ce fut un Te Deum que l'on eut à chanter.
Le ministère de Louis Buisson ne fut pas de longue durée : ce pasteur donna sa démission le 20 floréal an vil , et fut remplacé par Honoré Michel, alors pasteur de l'Église de Marsillargues.