‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 211 sur 253 · CHAPITRE UNIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE UNIQUE

Nonobstant cette opposition , ie consistoire de Montpellier écrivit à celui de Nimes que, si le synode avait lieu, il s'y ferait représenter. Cette séance du consistoire eut lieu le 4 ventôse an x.

La loi du 1 8 germinal ne tarda pas à être promulguée ; les prolestants en furent généralement trèssatisfaits. Elle faisait, en effet, succéder le régime légal de la liberté des cultes à celui de la persécution qui avait été pratiqué sous des rois exterminateurs de l'hérésie, et sous la République qui ne voulait reconnaître que le culte de la Raison. Les Églises exprimèrent généralement leur reconnaissance au Gouvernement consulaire. L'adresse de celle de Montpellier, rédigée par Daniel Encontre, fut adoptée par acclamation dans une séance du consistoire, renforcé des principaux notables. Elle est du 9 floréal an x, et mérite d'être conservée.

« Citoyens Consuls ,

» Les protestants n'avaient jamais pu faire entendre leur voix aux dépositaires de l'autorité suprême. Sous l'empire des rois, une cruelle politique supposait que nous n'existions pas. Depuis la fondation de la République , on ne pouvait rien faire au nom des sociétés religieuses: un des principes du Gouvernement était de ne connaître que les individus. Grâces à vos lois bienfaisantes, nous pouvons aujourd'hui parler comme prolestants, sans cesser d'être regardés comme citoyens; et, la première fois que notre voix est entendue,

au lieu des tristes accents de la plainte, nous faisons retentir par toute la France le cri de la reconnaissance et du bonheur. Un homme qui porta le nom de Grand souffrit qu'on loi élevât de magnifiques trophées parce qu'il nous avait détruits; vous, qui nous avez rendu l'existence, quels droits ne vous êtes vous pas acquis à l'admiration des hommes désintéressés et sages, à la confiance des peuples , à l'éternelle vénération de l'impartiale postérité! Recevez, citoyens Consuls, nos humbles remercîments, qui pourraient être mieux exprimés, mais qui ne pourraient être plus sincères. Les protestants désiraient l'égalité civile, la tolérance religieuse, le libre exercice du culte de leurs pères, et, à cet égard , te us leurs vœux sont accomplis. Ils n'en ont plus à former que pour la constante prospérité de la patrie et de ses augustes magistrats. C'est un devoir que vous venez de leur prescrire ; mais leur cœur avait été depuis longtemps au-devant de la loi. Dans les circonstances les plus malheureuses, ils priaient pour la mère commune, quoiqu'elle refusât de les compter au nombre de ses enfants. Ils priaient même pour le prince qui, en montant sur le trône, jurait de les exterminer! Pourraient-ils oublier l'État dont ils sont membres, le Gouvernement qui les reconnaît et qui les protège, et surtout cet homme extraordinaire qui, environné de héros et de sages, alliant lui-même la tête d'un sage au cœur d'un héros , fait au dehors respecter le corps politique de la France, assure au dedans le bonheur individuel de chaque Français; ce guerrier législateur

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