CHAPITRE UNIQUE
qui nous a rendu la paix par la victoire , la religion par l'exercice du aille, les mœurs par la religion, et qui rétablit à jamais la vraie liberté de l'homme, en affermissant l'empire des lois. Continuez, citoyens Consuls, à faire la félicité du grand peuple qui s'honore de vous avoir pour chefs, et que votre première récompense soil la certitude d'y avoir réussi ! Puisse le cours de votre belle vie être aussi long qu'il est utile à l'humanité ! Puisse le Ciel vous rendre tout le bien que vous avez fait à la terre ! Puisse, en un mot, votre bonheur être égal à notre amour ou à votre gloire ! Vous n'aurez plus rien à désirer.
«Salut et respect.»
Nous sommes heureux de relever ici une délibération du consistoire de Montpellier, qui prouve qu'il comprenait la liberté des cultes et que, sans rancunes pour le passé, il savait pratiquer la tolérance.
D'après l'art. 45 du Concordat, le culte extérieur était interdit aux catholiques dans la commune de Montpellier. Le consistoire prit à ce sujet, dans sa séance du 26 prairial an x, une délibération où il est dit :
« Considérant que le temps est venu où les différents cultes, loin de se persécuter et de se haïr les uns les autres, doivent se prévenir par des sentiments fraternels et des procédés généreux,. ... le consistoire délibère à l'unanimité, de témoignerai] conseiller d'État chargé des affaires des cultes, que les prolestants verraient sans peine les amendements qui pourraient être
faits en faveur de la commune de Montpellier, à l'art. 45 de la loi relative au Concordat, et qu'à cet effet, extrait de la présente délibération sera adressé par le président du consistoire audit conseiller d'État. »
Nous l'avons dit, la promulgation de la loi du 18 germinal an x avait rempli de joie les prolestants de France, et ceux de Montpellier particulièrement. Quand ils purent examiner en détail toutes les prescriptions de cette loi , ils y découvrirent des lacunes et , dès le 15 messidor de l'année de la publication, ils adressèrent au citoyen Portalis un mémoire à ce sujet. Ce qui les afflige surtout, c'est l'absence du synode national, qui, disent-ils, leur paraît d'une nécessité absolue. Ils s'appliquent à montrer comment ce rouage pourrait encore être utile sous le régime de l'union de l'Église et de l'État. Le synode ne nommerait pas les pasteurs, il est vrai, mais il désignerait au Gouvernement les sujets proposés pour les places vacantes. C'était là une des attributions que la loi réservait aux consistoires.
Le consistoire demandait un séminaire de plus, qui serait placé au centre ou à l'ouest de la France ; il présentait sur quelques articles des critiques fort justes qui, plus tard, furent prises en considération. Enfin, il prétendait que des édifices nationaux fussent accordés à tous les cultes. Passant ensuite du principe général à l'application particulière., le consistoire sollicitait pour l'Église protestante de Montpellier, ie ci-devant