‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 22 sur 253 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Proscription des catholiques. — Synode. — Envoyés du prince de Condé. -États de ceux de la religion. — Bons effets de la mission de Caylus. — Arrivée de Dampville. — Fêtes à cette occasion. — L'évèque rentre dans la ville. — Le culte catholique est rétabli. — Accord pour la gestion des affaires publiques. — Il est violé.

La guerre civile était dans toute son effervescence vers la fin de 1 5G2 ; la bataille meurtrière de Dreux, dans laquelle Montmorency et Condé avaient été faits prisonniers et où Saint-André était mort, avait porté à son apogée la fortune de François de Guise, qui tombait sous le pistolet de Poltrot de Meray en faisant le siège d'Orléans. La ville de Montpellier ne pouvait demeurer étrangère à une agitation qui se faisait sentir partout ; des bandes d'assassins et de soldats féroces semaient sur leurs pas l'épouvante. A des époques pareilles, les minorités peuvent s'attendre à être maltraitées, fussentelles tranquilles et complètement inoffensives. Ne serait-ce que par prudence, on les soupçonne, on les surveille et on les opprime sous prétexte de les contenir. Les catholiques de Montpellier n'échappèrent pas, cette année, à la dure conséquence de leur position. Un rôle de proscription fut dressé contre un certain

nombre d'entre eux, et ils durent quitter la ville sans pouvoir emporter plus de douze livres tournois.

Au mois de mars, il y eut dans cette ville un synode de toutes les provinces du Languedoc. Nous ne savons rien de cette assemblée, sinon qu'il y avait cent-cinquante ministres et autant d'anciens ou surveillants.

La convention d'Amboise, dont Coligny disait : voilà tin trait de plume qui renverse plus d'églises que les forces ennemies n'en auraient pu détruire en dix ans, fut conclue le 19 mars 1563.

D'après cet édit , la liberté de conscience et de culte était garantie aux nobles qui auraient des ministres dans leurs châteaux.

Il devait y avoir par bailliage, sénéchaussée ou gouvernement tenant lieu de bailliage, une ville dans les faubourgs de. laquelle l'exercice de la Religion pouvait être fait pour tous ceux du ressort qui voudraient y assister.

Les villes où la Religion était professée avant le 7 mars , pouvaient continuer leurs exercices en un ou deux lieux.

Montpellier était dans ce dernier cas. L'édit ne la froissait donc qu'en l'obligeant à restituer les églises dont les protestants étaient en jouissance, Pour se soustraire à cette obligation, ils présentèrent un écrit des chanoines de Saint-Pierre et autres prêtres de la ville, par lequel ces ecclésiastiques consentaient à ce que les églises de Notre-Dame-des-Tables, de Saint- Firmin et de Saint-Paul fussent laissées au culte ré-

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