‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 23 sur 253 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

formé. Ces prétentions furent repoussées, et, dans un emportement que l'on comprend mais qu'il ne faut pas justifier, les protestants ruinèrent les églises qui restaient et brisèrent toutes les cloches , moins celles de Notre-Dame et de Saint-Firmin.

Le cardinal de Châtiilon, qui tenait le parti des protestants et qu'on nommait le comte de Beauvais , le comte de Crussol et Boucard, envoyés par le prince de Condé , vinrent h Montpellier. Ils y furent reçus magnifiquement. On alla les attendre jusqu'aux Areniers, et ils trouvèrent au pont de Castelnau centvingt petits enfants chantant les Psaumes de David. Au moment où ces trois délégués entraient dans la ville, par la porte du Pila-Saint-Gelly, il y eut une décharge «générale d'artillerie.

Montpellier posséda bientôt un nombre considérable de grands personnages, car le seigneur de Caylus, gentilhomme de la chambre du Roi, y arriva le 9 mai, et, le 1 1 , les États de ceux de la Religion y étaient assemblés. Le comte do Crussol déclara qu'il était dans l'intention de se démettre de la charge qu'il avait acceptée par patriotisme ; mais sur les instances de l'assemblée, il consentit à la garder jusqu'à complète pacification. Celte remise eut lieu entre les mains de Caylus, au mois de juillet.

Les protestants abandonnèrent sans aucune résistance les trois églises dont ils étaient en possession, et réinstallèrent leur culte à la grande Loge et à l'École-Mage.

Caylus fit de vains efforts pour rétablir la messe ; personne ne se présenta pour la dire ni pour l'entendre.

La mission de M. de Caylus avait produit un résultat dont il est juste de lui faire honneur. Sur une invitation de sa part, tous les particuliers apportèrent leurs armes à la Maison de Ville, et l'on vécut à Montpellier comme dans les temps de la paix la plus profonde. Depuis un an à peu près , les neuf ou dix portes de la ville avaient été murées, sauf celles de la Saunerie et du Pila-Saint-Gelly. Elles furent toutes ouvertes.

Quelles circonstances favorables pour l'entrée en fonctions d'un nouveau gouverneur ! Ce fut alors qu'arriva Henri de Montmorency, seigneur de Dampville , qui pendant vingt-six ans exerça une autorité presque souveraine sur le Languedoc. Il remplaçait le connétable son père, qui s'était démis de sa charge. Les députés de Montpellier, Jaan de Cezelli , président en seul à la Chambre des comptes, Jean Philippy, conseiller à la Cour des aides , et les seigneurs de Poussan et deFigaret, allèrent l'attendre à Narbonne. Il s'y rendit par Toulouse , précédé d'une escorte de quatre ou cinq cents hommes d'armes , et suivi d'une quantité de nobles, dont la troupe ne faisait que s'accroître le long du chemin. Après avoir traversé Béziers, Dampville entra triomphalement à Montpellier le 9 novembre, à trois heures de l'après-midi.

«Toutes les compagnies de la ville, disent les mémoires de Philippy, cités par d'Aigrefeuille, montèrent à cheval pour aller au devant du seigneur de Damp-

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