‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 26 sur 253 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

mission de faire une collecte entre eux ponr en acquitter le montant. Ces deux autorisations leur furent accordées par un décret du Ier septembre 1565 , et ils acquirent de Guillaume TufTany , pour la somme de 1,300 livres tournois, la maison dite de la Cour du Baile, qu'ils détenaient en loyer depuis quelque temps. Cet achat fut payé comptant Le Consistoire était représenté dans cette affaire par les anciens et les surveillants, dont voici les noms : Pierre Barbe, Antoine Changur, procureur en la Chambre des comptes; Geraud Compaing, notaire royal, procureur en la Chambre des aides; Jacques Suau, marchand.

L'année 1565 devait être pour les protestants de Montpellier une année d'organisation. Leur culte, fort souvent troublé , quoique celui du plus grand nombre, semblait pousser des racines et prendre de la stabilité. Après avoir fait l'acquisition d'une maison pour leurs assemblées, ils reçurent en don une terre pour leurs inhumations. Jusque-là les catholiques et les protestants avaient été inhumés dans les mêmes cimetières; mais, à cette époque, une opposition se manifesta de la part des catholiques. Ce fut alors que François des Urcières de Gaudetle , écuyer , sieur de La Yaulcière et de Castelnau , leur fit don d'un champ aux conditions suivantes: 1° le champ ne sera pas détourné de sa destination et ne pourra pas être consacré à d'autres usages ; 2° le donataire et sa postérité pourront y faire' élever des mausolées à la place qu'il leur conviendra; 3° l'approbation du roi sera demandée.

Le notaire Pavie passa cet acte, dans la maison de Claude Formy, le 24 octobre 1565. La donation fut autorisée et enregistrée le 19 décembre de la même année, par le sénéchal de Beaucaire et Nimes, où le sieur de La Vaulcière avait ses tenants.

La terre dont il s'agit était située près de la porte de Lattes, à l'endroit où se trouve maintenant la citadelle.

La bonne intelligence dont nous avons parlé ne se prolongea malheureusement pas au-delà de 1567. Ce fut alors, chacun le sait, qu'éclata la deuxième guerre civile1. Des bruits sinistres circulaient depuis quelque

' * On compte huit guerres civiles ou guerres de religion , depuis le règne de Charles IX jusqu'à l'avènement du roi Henri IV.

La première, qui eut lieu en 1562, produisit la hataille de Dreux et fut terminée par la convention d'Amhoise, en 1563.

La deuxième, commencée en 1567, produisit la bataille de Saint-Denis, que suivit la paix Mal Assise, en 1568.

La troisième , en 1568, donna lieu aux batailles de Jarnac et de Monlcontour, et se termina par la paix de Saint-Germain, 1570.

Dans la quatrième , le parti des Politiques se lève contre la cour. Des places de sûreté sont données aux protestants , en

Dans la cinquième, le duc d'Alençon, bientôt duc d'Anjou, se met à la tête du parti des Réformés ; paix de Monsieur, 1576.

Sixième guerre civile. Dampville et les Politiques se séparent du parti protestant. Édit de Poitiers et de Bergerac, bientôt confirmé par le traité de Nérac, 1577.

Septième guerre civile, dite des Amoureux, terminée par la paix de Fleix, 1581.

Huitième guerre civile, dite des trois Henris; bataille de Coutras, 1587. Henri IV monte sur le trône, 1589.

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