CHAPITRE VI
rendit grâces à Dieu de cette victoire. La même chose fut encore pratiquée à la porte de la Saunerie, au retour d'un peloton de cavalerie. Si la guerre, et surtout la guerre civile, présente un spectacle douloureux, on aime à y découvrir la présence de la pensée divine, comme un rayon de paix et d'espérance.
Le siège avait duré quarante-huit jours. Les pertes étaient considérables de part et d'antre. La capitulation fut demandée le 1 7 novembre et signée le lendemain à midi. Les capitaines sortirent de la place avec leurs armes, les soldats avec l'épéeetla dague; les consuls, chanoines et autres, au nombre de quatre cents, avec leurs effets, furent mis à la disposition de d'Acier. Les soldats étaient au nombre de cent-vingt. Les démolitions commencèrent aussitôt et durèrent trois jours. Le fort Saint-Pierre fut démantelé et un de ses clochers ruinés. C'est celui qu'on vient de reconstruire avec tant d'élégance. Il fut distingué des autres, à cause des coups meurtriers qui en étaient partis. Les assiégeants avaient perdu deux cents hommes pendant la lutte.
Les documents dont nous disposons ne nous permettent pas d'entrer dans beaucoup de détails sur le rôle des pasteurs pendant cette période de trois années. Nous dirons seulement que dans cet intervalle leur nombre s'était accru de trois nouveaux collègues, et qu'ainsi les vœux exprimés par les anciens avaient été entendus. Ils apparaissent aux registres des baptêmes, dans l'ordre suivant :
Payan signe pour la première fois le 14 octobre 1 564 ' ;
Antoine Pellicier au mois d'août 1565;
Enfin , Jean de Laplace, le 28 mars 1 566.
Il est un autre personnage qui figure très-souvent sur le registre des naissances depuis 1563; il est certainement un de ceux qui ont célébré le plus de baptêmes, et, quoique son nom ne paraisse sur aucune liste imprimée , il ne faut pas hésiter à le regarder comme un des plus anciens pasteurs de Montpellier : c'est Michel Manny.
Tous les doutes que l'on pourrait avoir à cet égard sont dissipés par un arrêt du parlement de Toulouse, de l'année 1 567, qui le condamne à mort, ainsi que ses trois collègues Jean de Laplace, Claude Formy et Antoine Pellicier, pour la part qu'ils avaient prise à l'affaire de Saint-Pierre. Cet arrêt ne fut pas exécuté.
1 Nous apprenons aussi par ces registres, que sa femme s'appelait Hélène Pélegrin, et que le 24 juillet de l'année suivante il fit baptiser par son collègue Formy une fille du nom de Magdeleine, dont le parrain fut M. Joubert, docteur en médecine.