‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 41 sur 253 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

autant d'honneur à son habileté qua son dévouement pour la cause prolestante. Il sortit de Montpellier avec cinquante chevaux, sous la conduite de Grémian, qui le conduisit à Marsillargues et à Sommières , d'où il passa dans les Cévennes, en Rouergue, à Castres, à Montauhan et poussa jusqu'à Bergerac. Après dix-neuf jours d'absence, il revint avec 3,000 hommes de pied et 'M)0 cheveaux, plus un convoi considérable de vivres. Ce secours entra triomphalement à Montpellier le 1er octobre, malgré tout ce que l'armée du maréchal put faire pour l'empêcher '.

Dampville comprit bien qu'après avoir reçu ce secours, les protestants ne resteraient pas tranquilles dans la ville; il s'attendit à une attaque prochaine, et prépara sa défense en se fortifiant dans le camp de Lattes. Ses prévisions ne l'avaient pas trompé; les protestants sortirent dès le lendemain à dix heures du matin. Mais, tandis qu'ils étaient en marche, etcomme les armées allaient se trouver en présence, un trompette du roi se présenta accompagné de deux députés , dont l'un était le sage La Noue et l'autre La Fayolle. Ils apportaient la nouvelle de la paix de Bergerac, conclue entre le duc de Montpensier pour les catholiques, et le roi de Navarre pour les protestants. Les troupes sorties de la ville y rentrèrent avec les députés ; Dampville et ses soldats s'en retournèrent à Béziers.

1 Histoire universelle du sieur d'Aubigné, 2e partie, liv. III, chap. 17.

Par celle paix et par L'Édit de Poitiers (1577) qui la Buivit, l'oubli du passé était proclamé. Henri III maintenait toutes les libertés garanties l'année précédente, ordonnait la mise en liberté de ceux qui avaient été arrêtés pendant les troubles, révoquait tous les arrêts et jugements prononcés contre feu l'amiral de Châtillon, Montgommery, Monlbrun, Briquemaut et Gavaignes, et défendait de faire «aucunes processions, tant en commémoration de la mort du prince de Condé (jue de ce qui advint le jour de la Saint-Barthélémy. » Il déclarait vrais Français les enfants nés de parenls réfugiés à l'étranger. Le roi de Navarre, Condé, Châtillon, étaient réhabilités dans les bonnes grâces du roi et recevaient le litre de frères ei cousins, ainsi que le duc Jean Casimir, qui avait fourni des troupes auxiliaires aux protestants.

On le voit, la réparation était complète: les protestants recouvraient tout ce qu'on avait voulu leur enlever; ils devaient être satisfaits.

Montpellier et Aiguës-Mortes furent les deux villes de sûreté assignées aux protestants dans le Languedoc.

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