‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 43 sur 253 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

ceux qui gouvernaient s'était affaiblie, et chacun voulait gouverner à sa manière ou avoir sa part du gouvernement. De là une propension marquée vers la démagogie. Ce mouvement désordonné était encore accru par les ravages de la peste. Labernardière , qui commandait pour M. de Châtillon, essaya de rétablir l'esprit de discipline, et fit entrer dans la ville des troupes étrangères au moyen desquelles il chassa violemment un certain nombre des citoyens If s plus influents. Ce moyen ne lui réussit pas, car il fut expulsé lui- même huit jours après, et le pouvoir revint entre les mains du peuple. Ce fut pendant ce temps de trouble qu'eut lieu la démolition de la tour de Notre-Dame, qui était restée debout.

On se rappelle que le prince de Condé avait été nommé par l'assemblée de Mi Ihau gouverneur général et protecteur des Eglises, au nom, lieu cl autorité du roi de France et de Pologne. On se souvient aussi que Dampville devait commander à sa place, tout le temps qu'il serait absent.

Quand les voyages qu'il avait entrepris à l'étranger pour lever des troupes furent terminés , le prince de Condé fit son apparition dans le Midi. Nous trouvons qu'il arriva à Nimes le 30 novembre 1580, assista avec le roi de Navarre à une assemblée générale tenue à Montauban, et ne repartit de Montpellier, où il avait fixé sa résidence, que vers la fin de 1582.

« Le prince de Condé , dit Serre , voulant pacifier les esprits, fit sa demeure ordinaire à Montpellier, où

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Dampville, qui était devenu duc de Montmorency par la mort de son père, le visita souvent. Ce fut à l'occasion d'une visite que le duc fit au prince de Condé, qu'eut lieu sa réconciliation avec les habitants de Montpellier. On lui rendit de grands honneurs. Il n'avait pas remis le pied dans la ville depuis six ans. Les proteslants, profitant de la douceur de ce gouvernement, eurent permission de faire bâtir leur grand temple. »

La Cour du Baile, où fut construit cet édifice, correspondait à la place actuelle de la préfecture.

Les registres consistoriaux nous permettent d'entrer ici dans quelques détails au sujet de cette construction. Bien avant l'époque où nous sommes parvenus, nous avons déjà eu occasion de le dire, la maison de la Cour du Baile avait été achetée el appropriée pour le service du culte réformé; et, le 15 juillet 1582, une maison contiguë fut acquise pour agrandir la première. Cette seconde maison appartenait à Jean A zémar, docteur en droit et avocat ; elle fut payée 500 livres. Il y eut pour cette affaire, à la Cour du Baile même, une réunion composée de trois ou quatre cents personnes. M. Nicolas Talard , notaire royal , y fut constitué syndic et procureur général, pour s'occuper de toutes les affaires de ladite église, et spécialement des formalités relatives à l'acquisition de la maison de Jean Azémar. Cette assemblée générale eut lieu pardevant Pierre Blanquard, docteur en droit, conseiller du roi au siège présidial et gouvernement de Mont-

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