‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 44 sur 253 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

pellier. Nos registres nous font connaître les noms d'un grand nombre de personnes qui prirent part à cette délibération. Nous nous bornons à donner ici les principaux; les autres seront transcrits à la fin du volume.

On y voyait nobles, ëgrèges, et honorables personnes: Michel de Saint-Ravy, sieur de Meyrargues ; Etienne Hanchin , docteur en droit , conseiller du roi en la Cour des aides; Guillaume Philippy, aussi docteur en droit et procureur du roi en ladite cour, conseiller en la Cour présidiale ; Philippe de Bossugues , sieur de ïriadoux ; Maurice Dalmas , aussi conseiller du roi ; Paul-Antoine Massillarï, docteur en droit, conseiller du roi en la Cour présidiale; Paulin Dumois, sieur de Ferruras; Pierre Moisset , Pierre Salomon , Jacques Causse, Pierre Ravalon, Dominique César, consuls et viguiers polir la présente année ; Jean de Laplace et Jean Payan, ministres de la Parole de Dieu.

Deux antres acquisitions furent encore faites, en vue de l'agrandissement ou de la régularisation de l'édifice. Guillaume Tuffany vendit deux cannes et demie de sa cour. La maison de la dame Agnès Verchand , veuve d'Etienne Cornilhe, habitant Cournonterral, fut payée 128 écus un tiers de sol.

C'est sur l'emplacement de toutes ces maisons que fut élevé le grand temple. Etienne Cambolive nous donne, sur son architecture , quelques renseignements qu'il importe de recueillir et que nous consignons ici. Le couvert en était supporté par un arceau fort dégagé, d'une longueur extraordinaire. Les étrangers le visi-

taient comme une curiosité ; il passait pour le plus beau de l'Europe. La clef fie la voûte portait les armes de l'amiral de Châtillon et le millésime 1583. Du côté de la grand'porte il y avait une galerie construite aux frais du prince palatin avec ses armes ; les vitraux de droite reproduisaient celles du prince de Condé.

Nous avons vu le roi de Navarre conférant à Mazères avec le duc de Montmorency , et nous avons dit un mot de leurs sympathies réciproques. Ces sympathies ne firent que s'accroître, et, lorsque la Ligue fut formée pour exclure de la couronne le roi de Navarre qui , par la mort du duc d'Anjou , £n était devenu l'héritier légitime , Henri , le duc de Montmorency et Châtillon formèrent à Castres un projet d'union (mars 1 585). Le faible roi de France, courbé de plus en pîus par ces mesures sous la domination de la Ligue , rendit en juillet 1 585 un édit, par lequel l'exercice delà religion prétendue réformée était, interdit dans tous ses États, et les ministres bannis du royaume.

On se fait facilement une idée de la stupeur que cette mesure injuste et violente produisit sur le parti opprimé ; de toutes parts il s'organisa avec plus de force. Montmorency tenait les États à Béziers quand lui parvint la fatale nouvelle ; il se hâta de les proroger et reprit la route de Castres , où il signa avec le roi de Navarre une ligue offensive et défensive. Des députations de tous les relioionnaires du Languedoc s'empressèrent de se rendre à Pézenas, pour apposer leurs signatures. Le synode provincial , assemble à Mont-

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