CHAPITRE
pelliei au mois de septembre 1585, fit aussi connaître son adhésion.
Le courage du duc de Montmorency fut considérablement accru par cette grande confédération. Il se sentit alors assez fort pour tenir tète à la Ligue, et, ne se bornant pas à repousser toutes les offres qui lui étaient faites pour le gagner, il publia un manifeste qui fit hautement connaître le parti qu'il prenait et les motifs de son union avec les religionnaires. Pour punir Montmorency de sa révolte, le faible Henri III signa sa révocation. Mais le duc n'était plus le sujet du roi , il en était l'adversaire, et, une seconde fois , il conserva par la force le pouvoir dont le souverain avait voulu le dépouiller. Les armes de Montmorency furent victorieuses dans le Languedoc, et l'amiral de Joyeuse dut lui abandonner Narbonne et se retirer à Carcassonne.
Cette même année 1585, les religionnaires de Montpellier eurent la joie de recevoir dans leurs maisons et de presser dans leurs bras des amis que la persécution leur avait arrachés. Voici comment les choses se passèrent. Les prisonniers que l'on était parvenu à faire pendant les guerres de religion, avaient été placés comme forçats à bord des galères. Un jour, 2'iOdeces forçat* , presque tous du Languedoc, se trcuvaient réunis sur une embarcation qui devait conduire à Malle le grand-prieur de Joyeuse, frère de l'amiral. Quelques négligences des chefs ayant laissé entrevoir aux galériens l'espoir de la liberté , ils brisèrent leurs chaînes, jetèrent les gardiens à la mer,
et, faisant force de rames, vinrent débarquer au port deMauguio. A la nouvelle de leur débarquement, ceux de Montpellier se portèrent à leur rencontre, et les ramenèrent en triomphe dans la ville.