‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 46 sur 253 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Calme apparent. — Mort de Henri III. — Leucate. — Constance Cézelly. — Abjuration de Henri IV. — Jean Gigord. — Gratuité de l'enseignement. — Casaubon. — Synode national tenu à Montpellier. — Controverses. — Peyrol et Codur. — Les catholiques envoient une députation à la cour. — Notre-Dame leur est restituée. — Émeute au sujet d'un ravelin.

La France entière était tourmentée par l'esprit de la Ligue ; néanmoins, les plus grandes préoccupations se portaient vers la Guienne, où le duc de Joyeuse et le roi de Navarre étaient en présence et devaient bientôt en venir aux mains dans la plaine de Coutra*. Tout était assez tranquille en Languedoc; il ne s'y manifestait au moins que des agitations faciles à apaiser, et le duc de Montmorency se bornait à expédier des renforts de troupes au roi de Navarre. Les choses marchèrent ainsi dans un calme apparent, pendant quelques années.

La mort de Henri III fut accueillie à Montpellier avec une certaine tristesse de la part des protestants. Ce n'était pas sans doute qu'ils eussent pour ce monarque une affection et une estime dont il n'était point digne ; mais il s'était rapproché du roi de Navarre, ei ils espéraient que celui-ci obtiendrait beaucoup de

sa faiblesse ; tandis que Henri IV si près du trône, leur donnait à craindre une abjuration qui ne devait que trop se réaliser.

Quant;. u duc de Montmorency, il ne pouvait qu'être fort réjoui de l'avènement au trône d'un prince dont il s'était fait l'allié.

C'était aux portes de Paris et du côté de Rouen que le roi de Navarre avait à combattre pour conquérir la couronne de France, dont il était l'héritier légitime. Mais la cause débattue était celle des* deux partis qui se partageaient la France, et personne n'y demeurait indifférent. Ceux qui n'avaient pas les armes à la main n'attendaient que le signal de les prendre, et s'y préparaient sans relâche.

L'Espagne était toujours prête à venir au secours des ligueurs du Languedoc , et ce n'était pas la première fois que ceux-ci faisaient appel à son intervention. Le 1er août 1590, une armée auxiliaire de six mille bommes débarqua au port de La Nouvelle, sous la conduite du comte de Ladron. Il importait de couper les communications entre le Roussillon et le Languedoc. Pour fermer le passage aux Espagnols et les empêcher d'arriver par terre, M. de Montmorency avait mis garnison au fort de Leucate, sur le chemin de Salses à Narbonne. Ce poste fut confié à Boursier, seigneur de Barry et de Sainl-Aunès, qui en devint gouverneur. Boursier ayant eu avis de l'arrivée des Espagnols, se mit en route pour aller conférer avec le duc de Montmorency, et il eut le malheur de tomber entre

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