‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 49 sur 253 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Jean Gigord, fils du notaire André, de Béziers, fut donné en 1584, à l'âge de vingt ans, comme ministre, à l'Église de Pignan. Ses succès le firent bientôt appeler à Montpellier. Il y joua un rôle très-important, sur lequel nous pouvons donner quelques renseignements, grâce aux procès-verbaux des synodes de la province du Languedoc.

Le colloque , dont Gigord faisait partie, appréciait si bien ses lumières, qu'il l'avait chargé de faire des leçons de théologie pour réfuter le Compendium theologicum de Damian , et le Traité de V Église de Bellarmin. Gigord avait accepté avec dévouement cette honorable mission , et il s'en acquitta sans retard ; toutefois, soit scrupule, soit déférence, il lui sembla qu'il ne devait pas continuer cette tâche sans s'assurer du consentement du synode réuni à Montpellier le 28 août 1 596 , et dont il avait été nommé modérateur. Le synode approuva pleinement les leçons de Gigord, lui en adressa ses remercîments et le pria de les continuer. Il paraît néanmoins qu'en approuvant le travail du pasteur de Montpellier, le synode pensa que son autorisation était nécessaire pour un enseignement de cette nature, car nous lisons dans le procès- verbal : « Nul n'entreprendra de faire leclions en théologie, sans l'agrément et permission du colloque et du synode. »

Le travail dont Gigord s'était chargé exigea de sa part une certaine dépense en acquisition de livres. Des synodes subséquents décidèrent qu'il devait être

défrayé à cet égard, et votèrent même la fondation, à Montpellier, d'une bibliothèque théologique.

Gigord, qui professait la théologie sans avoir le grade de docteur, fit imprimer des thèses et se présenta devant le synode pour subir les épreuves auxquelles cette vénérable Compagnie trouverait bon de le soumettre. La Compagnie pensa que les épreuves étaient faites. «Attendu, dit-elle, le contentement que cette Compagnie a de ses services, et les témoignages qui lui sont rendus, il n'est besoin d'autre examen; mais elle le reçoit et autorise pour docteur et professeur de théologie. » La même chose eut lieu en faveur de Ferrier ; celui-ci fut nommé pour l'Académie de Nimes, et Gigord pour celle de Montpellier. (Syn. prov. d'Uzès, 15 avril IG03.)

Gigord s'acquittait de ses fonctions avec beaucoup de zèle et de talent, mais la charge était un peu lourde; aussi, dès l'année suivante , exprima-t-il au sein du synode de Saint-Hippolyte (5 mai 1604) un désir que nous nous plaisons à mentionner ici, parce qu'il est très-flatteur pour deux de ses collègues. Il exposa que, vu les voyages qu'il était souvent obligé de faire pour les affaires publiques , députations aux synodes et assemblées, il ne pouvait vaquer avec assez d'assiduité à la chaire de théologie, et il manifeta le vœu que deux autres pasteurs de Montpellier, Rudavel et Peyrol, qu'il croyait doués des qualités requises, le soulageassent et fissent des cours aux écoliers en théologie. La Compagnie se montra favorable à cette proposi-

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