CHAPITRE XII
La Faculté des arts à l'île Cézelly. — La classe des abécédaires. — Bifurcation dans le bas et le haut enseignement. — Partage des classes. — Peyrol et son règlement. — Petit temple. — Bernardin et Philippe Codur. — Budavel et son livre. — Denier de la chair. — Deux chaires créées à l'Université. — Fondation du Jardin des Plantes. — Fenouillet et les Capucins. — Une émeute pacifique. — État des esprits à la mort de Henri IV.
Nous avons laissé la Faculté des arts installée provisoirement au collège de Mende. Ce provisoire durait déjà depuis trois ans , lorsque le chapitre de la cathédrale , qui avait fait quelques réclamations pour que ce local lui fût rendu , redoubla d'énergie dans ses instances. Il voyait avec peine l'intervention continuelle du ministre Peyrol dans l'enseignement classique. On se donna beaucoup de peine pour trouver un bâtiment convenable, et ce ne fut qu'après bien des difficultés qu'au mois de juin 1600 on parvint àinstaller la Faculté dans une maison de l'île Cézelly, aujourd'hui du Lycée. Un calviniste distingué , George Scharpe, y occupa bientôt après la chaire de philososophie et sut se créer une brillante position. Rulman était principal de rétablissement. Pendant son administration, qui dura deux ans, l'autorité locale avait
prononcé la suppression des petites écoles qui existaient en ville, et les avait remplacées avantageusement, pensait-elle, par la classe des abécédaires, annexée au collège. La direction de cet enseignement était confiée à deux maîtres calvinistes qui ne pouvaient recevoir des habitants aisés plus de deux sols par mois, et ne devaient rien exiger des pauvres, sous peine de destitution immédiate. Les catholiques firent valoir leurs droits contre ce monopole, et il intervint une transaction en vertu de laquelle la classe des abécédaires fut divisée d'après les religions.
La même bifurcation s'accomplit aussi dans le haut enseignement. A la demande des catholiques , une seconde chaire de philosophie fut créée pour leur culte, et confiée à Philibert Michallet. Il y eut donc une philosophie protestante et une philosophie catholique.
Les choses en étaient là en 1603. Le conseil de ville , qui dans l'origine avait nommé mi-partie l'entier corps des intendants, élut les quatre calvinistes. L'évéque , dont l'intervention commence ici, désigna probablement les quatre catholiques.
Les revenus du collège ne permettant pas de dédoubler toutes les chaires, le conseil de ville renforcé décida, en 1 604, que les consuls tâcheraient de s'accorder avec les catholiques sur la question du partage des classes, suivant cette base, que le principal, l'un des professeurs de philosophie, les régents de seconde, quatrième et sixième seraient calvinistes. Les autres devaient être catholiques. Cet arrangement laissait la