‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 54 sur 253 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

prépondérance aux protestants. Il fut arrêté dans une assemblée où se trouvèrent sept membres calvinistes, presque tous pris dans les hauts rangs de la magistrature, avec l'évèque assisté de deux intendants dévoués. Le collège était dès-lors définitivement mi-partie.

Le ministre Peyrol fut chargé de dresser un règlement, dont il s'occupa avec beaucoup de soin et qu'il soumit à l'approbation de la Faculté. En voici le titre : Lois de V Académie de philosophie et de philologie de Montpellier. Il était divisé en deux parties, dont l'une, en huit articles, se rapportait aux écoliers ; les quatorze articles de la seconde concernaient les professeurs.

L'Édit de Nantes fut pour les protestants de Montpellier l'occasion de réaliser un désir qu'ils avaient formé depuis longtemps. Ils ne possédaient encore qu'un temple, et ils sentaient vivement le besoin d'en avoir un second. Cet édit portait en effet dans son article 1 6 : Suivant l'article 2 de la conférence de Nérac, nous permettons à ceux de la dite Religion de pouvoir bastir lieux pour l'exercice d'icelle aux villes et places où il leur est accordé. L'article 2 de la conférence de Nérac, auquel celui-ci se réfère, s'exprime ainsi : Est permis à ceux de la dite Religion prétendue réformée pouvoir acheter, faire édifier et construire des lieux pour faire le dit exercice de la religion aux faubourgs , etc., et aux lieux où l'exercice de la dite Religion leur est permis par V Edit (de Bergerac). La ville de Montpellier se trouvait tout à fait dans ce cas, puisque, d'après l'article 59 de l'Édit de Poitiers, elle était une

ir>(l LIVI'.K PHBHER

de colles qui étaient baillées en garde à ceux de la dite Religion prétendue ri' formée. Ces citations légales étaient indispensables, puisque ce temple fut démoli en 1 070, comme ayant été bâti sans aucun droit, et que les historiens ont répété cette assertion, sans se donner la peine d'examiner si elle était fondée.

L'Édit de Nantes est du mois d'avril 1 598 ; avant qu'il fût vérifié à Montpellier, les protestants s'occupèrent activement de la construction d'un nouveau temple. Le Consistoire se réunit à cet effet le 29 avril 'I 599. A cette séance, que préside le pasteur Rudavel, sont présents : Gigord, Codur, Peyrol, aussi pasteurs, et les anciens Miremond de Lavalette, Janvier, Granier, Causse, Verchand, Olivier, Doulhon, Dublea, Figuière et Lafon. Les pouvoirs nécessaires furent donnés à Etienne Atgier, qui le dernier jour du mois d'août acheta, pour en faire un temple, et moyennant la somme de 1,600 livres, une maison appartenant à Barthélémy de Rhodes. Cette maison avait 1 8 cannes de long sur le devant et treize fenêtres. Une expertise constata qu'elle était en fort mauvais état. ïl fallut dépenser 1 5,000 livres pour en faire un temple. Nous aurons à mentionner plus tard les agrandissements successifs que cet édifice reçut. Le dernier jour du mois de septembre 1 599, Henri IV fit abandon à Etienne Atgier de tous les droits qui' pouvaient lui revenir de ladite vente.

Les auteurs ne sont pas d'accord sur l'épGque précise de la construction du petit temple. Dulertre et

Page 1