‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 55 sur 253 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Serre la placent à l'année 1601, d'Aigrefeuille la retarde jusqu'en I005, et l'édit de démolition, rendu en 1670, dit que ce temple avait été bâti en 1604.

Cet édilice entendit gronder à son berceau l'orage qui devait l'emporter soixante-cinq ans plus tard. Les protestants avaient fait mettre sur la porte de l'édifice une pierre avec cette inscription : Verœ reliuioui sacrum. C'était l'expression de leur foi ; ils avaient bien le droit de croire que leur religion était la véritable. L'évêque Granier trouva qu'il y avait là un outrage indirect à la religion catholique. Une requête fut par lui adressée au roi à ce sujet, et le ministre Gigord, qui avait connaissance de ces démarches, agissant -en vue du maintien de la paix, fil enlever la pierre pendant la nuit, el la remplaça par une autre qui portait une inscription grecque, en l'honneur de la sainte Trinité.

Le pasteur Codur, qui figure dans la délibération con" sistoriale du 29 avril, portait le prénom de Bernardin, et ne doit pas être confondu avec son fils Philippe, qui fut aussi pasteur à Montpellier, après avoir desservi successivement les Églises de Manosque , de Riez en Provence el d'Uzès. Le père était originaire d'Annonay, et ce fut le fils qui professa l'hébreu à Montpellier el puis à Nimes, lorsque les deux académies eurent été fondues en une par le synode de Vitré, en 1617.

Quant à Rudavel, nous ne savons de lui autre chose., sinon qu'il est l'auteur d'un ouvrage ayant pour titre -. Traité contenant les raisons pour lesquelles ou ne peut

faire son salui en /' Eglise romaine. Cet ouvrage posthume fut publié à Montpellier le Ier janvier 1G2G, par la veuve de l'auteur, Jeanne de Colombiers , dont le père avait aussi été pasteur. La date de la publication du livre nous donne approximativement celle de la mort de son auteur. Nous reproduisons ici, en l'abrégeant, la conclusion de cet ouvrage ; elle en fait connaître l'esprit : « Nous confessons bien qu'il n'y a pas de salut hors de l'Église, car l'Église est le corps mystique de Notre-Seigneur, sans qui il n'y a ni vie, ni sentiment, ni mouvement spirituel. C'est l'épouse de Jésus-Christ, à laquelle seule il donne son amour, ses mérites, ses biens salutaires; mais nous nions d'être hors de l'Église. C'est vous qui en êtes sortis , c'est de vous qu'on peut affirmer qu'il n'y a point de salut pour vous. Qu'est-ce qu'être dans l'Église, en effet? Ce n'est évidemment pas être dans l'édifice; ce n'est pas non plus être de l'église particulière d'une localité. Vous ne direz pas davantage que, pour être sauvé , il suffise de faire profession extérieure d'être chrétien. Hors de ce peuple qui professe, il peut y avoir et il y a de vrais croyants. Il faut donc nécessairement que , par ceux qui sont en l'Église , vous entendiez ceux qui croient en Notre-Seigneur, sont ses membres, participent à son alliance, constituent son corps, son épouse et son royaume; et par ceux qui ne sont point en l'Église, nous entendons ceux qui ne croient point en Notre-Seigneur, ne participent point à son alliance, ne sont ni son épouse, ni membres de

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