‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 56 sur 253 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

son corps. De ceux-là, nous affirmons certes qu'ils ne sont point de l'Église, et qu'il n'y a point de salut pour eux. Mais vous ne pouvez pas nous faire ce reproche à nous qui ne voulons pas d'autre chef et d'autre époux que Jésus-Christ. Par conséquent, nous ne sommes pas hors de l'Église. Quant à vous, ayant un autre époux, vous n'êtes pas son épouse; reconnaissant un autre chef, vous n'êtes pas ses membres ; recevant des lois d'un autre que de Lui, vous ne l'avouez pas pour votre roi. Par les erreurs que vous professez, vous montrez que vous ne croyez pas en Lui. Quand vous le servez d'un service qu'il n'a pas commandé, il est évident que vous ne le reconnaissez point pour votre Seigneur. »

Faisons ici mention d'une institution qui est peutêtre particulière à Montpellier, et dont il convient de donner une idée. C'est l'application à l'entretien des pasteurs du culte protestant de l'impôt d'un sol par livre, frappé sur la viande de boucherie. Cet impôt, appelé denier de la chair, reçuteette destination sous le consulat de MM. de Lavalette, Patris, Fesquet, Rat et Rozier, premier, deuxième, troisième, quatrième et cinquième consuls. Ce droit produisit au début une somme de 1000 écus. Pendant trente-six ans, les fonds provenant de cette contribution furent affectés, en tout ou en partie, à Ventrctènemenl des pasteurs. Il y eut souvent réclamation de la part des catholiques , procès et décisions royales à ce sujet.

Il existe dans les archives du Conseil presbytéral de

l'Église de Montpellier, un registre d'extraits ou copies certifiées de pièces relatives à cette affaire; un autre registre du môme genre est aussi conservé à la Mairi % Pour faire une appréciation succincte mais complète de cette institution, nous n'avons qu'à recourir à l'arrêt de suppression, que nous avons trouvé aux archives de l'Intendance.

L'arrêt fait remonter la fondation de cet impôt au delà de 1600. De bonne heure, les catholiques élevèrent des réclamations, et une transaction arbitrale eut lieu le 15 décembre IGOI. Le denier de la chair fut mis aux enchères et affermé pour quatre années. Le revenu devait être partagé entre les habitants de l'une et de l'autre religion, à la condition expresse que la portion ch ceux de la religion réformée serait toujours de 2,400 livr. par an, au moins, et qu'au cas où la moitié ne s'élèverait pas à cette somme, les catholiques seraient tenus de la parfaire sur la part qui leur revenait.

En 1624, une légère modification s'introduisit dans la manière de prélever cet impôt. La taxe par livre de viande fut remplacée par un impôt sur chaque tête de bétail.

Le 1 3 avril 1 633 , les bases de la répartition changèrent. Les catholiques durent toucher trois cinquièmes, et les protestants deux cinquièmes seulement.

Ces deux cinquièmes qui revenaient aux réformés et qui étaient versés entre les mains du receveur du Consistoire, furent attribués, par arrêt du conseil du

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