‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 57 sur 253 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

1 9 août 1 636, aux Augustins rie Montpellier pour sept années, afin de les dédommager des préjudices que les protestants leur avaient causés.

Néanmoins, à la requête de ces derniers , les intendants Miran et Dupré rendirent, le 15 juillet 1637, une ordonnance d'après laquelle les trois cinquièmes appartenant aux catholiques devaient être partagés avec les protestants.

En effet, un arrêt de la Cour des aides rendu en 1646, contraignit le fermier de la boucherie à payer auxdils de la religion deux quartiers qui étaient échus; et une vérification de l'état des dépenses ordinaires de la ville de Montpellier, faite en 1667, établit que pendant un certain temps il fut alloué à chacun des deux cultes, sur le denier de la boucherie, une somme de 1 ,400 liv.

Mais les protestants durent se résigner à la perte de ce revenu. Le syndic du clergé présenta une requête tendant a ce que la somme de 1 ,400 livres, que l'on payait à ceux de la religion prétendue réformée, lut allouée à l'Hôpital-Général , ou que ledit impôt disparût. Les protestants se défendirent autant qu'ils le purent, mais en vain ; une ordonnance royale supprima l'impôt. La ville fut ainsi déchargée du paiement de ces sommes, et les protestants durent, par leurs propres ressources, pourvoira la rétribution de leurs ministres et à l'entretien de leur culte.

Cet arrêté , pris au conseil d'État du roi , est du

20 avril 1682.

L'année 1 607 est restée dans la mémoire des habi-

tants de Montpellier, comme particulièrement marquée par les libéralités du roi Henri IV. Deux chaires furent créées dans l'Université, l'une de botanique et l'autre d'anatomie. Le fameux André du Laurens et Barthélémy Cabrol en furent les premiers titulaires. C'est aussi à cette année que remonte la création du Jardin des Plantes.

Au milieu des sources, quelquefois trop peu abondantes, où nous sommes obligé de glaner les fails qui permettent de se représenter la situation religieuse de la ville de Montpellier, nous trouvons l'histoire d'une émeute fort pacifique qui eut lieu en 1609.

L'évêque Fenouillet était arrivé depuis un an environ au siège épiscopal. Il devait sa nomination à une influence protestante1, mais il ne se le rappelaitguère, ou tout au moins ne se croyait-il pas tenu à la reconnaissance envers le culte de son bienfaiteur. Jamais on ne déploya un prosélytisme plus ardent, plus tracassier et plus provocateur que le sien , et jamais aussi on ne montra moins de déférence pour les autorités politiques.

Fenouillet voulait faire bâtir, près de la porte des Carmes, une église et un couvent pour loger les Capucins, qu'il avait appelés à Montpellier. Ce projet de l'évêque avait été porté à la connaissance de tous les catholiques, du haut de la chaire, par le P. Archange,

' Benoit dit positivement (Histoire de l'édit de Nantes, tom. II, pag. 234) que Sully avait fait donner à Fenouillet l'évêché de Montpellier.

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