‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 62 sur 253 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

sûreté, dit-il dans an des discours qu'il y prononça; il faut à cette heure que ce soit notre vertu... Soyons religieux à ne demander que les choses nécessaires, soyons fermes à les obtenir. » L'assemblée avait eu occasion de s'apercevoir des mauvaises dispositions de la cour. Avant de se séparer elle adopta , sur la proposition de Rohan, un règlement qui réorganisait les anciens conseils provinciaux, supprimés par l'Édit de Nantes, et établissait entre l'assemblée provinciale et l'assemblée générale un degré intermédiaire, appelé cercle. Rohan engageait son parti dans une dangereuse voie. Ce n^étaitjias aux réformés, dit judicieusement M Henri Martin, à donner l'exemple de l'infraction de TÉdit de Nantes.

La France protestante fut divisée en huit cercles. Nous n'avons à nous occuper ici que de celui du Bas- Languedoc, Cévennes, Gévaudan et Vivarais, qui était le septième.

Le connétable de Montmorency (Dampville), dont le rôle en Languedoc avait été si important et si long, et que l'on se rappelle avoir vu alternativement à la tête des deux partis, mourut à la Grange dePézenas, le liT avril 1614, et fut inhumé à Notre-Dame du Grau, où il avait choisi sa sépulture.

Il y eut successivement des assemblées politiques à Grenoble, à Nimes, à La Rochelle et à Loudun.

La question d'enseignement, qui avait agité les esprits à Montpellier, continua de les travailler. L'avènement de Louis XI 11 marque le commencement d'une

époque de réaction, dont l'évêque Fenouillet fut habile à profiler pour expulser les protestants. Il n'était pas satisfait de la place qui lui était faite: encouragé par la faveur du gouvernement, Fenouillet ne se bornait pas à revendiquer ses droits, il voulait se débarrasser de l'élément calviniste qui le gênait, et mettre les Jésuites dans l'université.

Mais comment substituer à des régents laïques et même calvinistes , des professeurs d'un caractère tout différent? Comme acheminement, l'évêque avait imaginé de faire entrer un jésuite dans la ville pour y prêcher l'avent de 1617 et le carême de l'année suivante. Les vues connues de l'évêque expliquent l'opposition qu'il rencontra. Les consuls déclaraient ne point vouloir admetîre des ordres nouveaux, et s'appuyaient sur cette considération, que Montpellier était une ville tenue par ceux de la Religion. Les protestants prenaient naturellement fait et cause pour les consuls, qui défendaient leurs droits. Le syndic du clergé et des habitants catholiques de la ville se constitua demandeur et réclama l'entérinement des requêtes des dernier octobre 1616 et 13 février 1617, tendant à ce que, sans avoir égard à l'opposition des consuls, le clergé et les habitants catholiques fussent maintenus en la faculté d'avoir dans la ville tels prédicateurs, séculiers ou réguliers , sans distinction d'ordre, qu'il plairait à l'évêque de désigner et choisir. Un commissaire fut nommé, l'affaire plaidée à fond, et après avoir entendu, d'une part le syndic du clergé et des habitants catholiques, et de l'autre

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