CHAPITRE XIII
devait le remplacer ; cette ville, après quatorze jours de siège, tomba entre les mains de Brisons , le 1 1 février 1621. Le duc de Montmorency revint de Paris avec des troupes, afin de prendre sa revanche. On s'armait à Nimes et à Montpellier pour le recevoir. Les épées étaient tirées , elles furent bientôt croisées dans tout le Languedoc. Quelques prises peu importantes furent faites par les deux armées.
Pendant que les choses se passaient ainsi dans nos contrées , le roi en personne remportait divers avantages dans l'Anjou , la Guienne et le Poitou, et les protestants se réunissaient à LaRochelle, pour y former cette célèbre assemblée qui devait commander à tout le protestantisme français.
Par ses soins , les cercles ou grandes divisions provinciales , établis depuis 1611 pour les affaires religieuses et politiques du parti protestant , sont transformés en gouvernements militaires, ayant chacun à sa tête un général , et relevant tous d'un commandant suprême en qui le pouvoir est centralisé. L'assemblée générale, en permanence , se réserve le choix des principaux chefs de corps et laisse les autres nominations au général. Celui-ci a un conseil composé des principaux seigneurs de l'armée et de trois députés de l'assemblée générale. De même, chaque chef de cercle possède un conseil composé des principaux seigneurs de la province et de trois députés de l'assemblée provinciale. Les chefs de cercle, de l'assentiment de leur conseil, nomment aux charges et offices; l'assem-
blée générale donne les provisions aux titulaires nommés. Le consentement des villes sera requis lorsqu'il s'agira de choisir des gouverneurs. Le général en chef préside l'assemblée générale ; les chefs de cercle président les assemblées provinciales. L'assemblée générale seule peut conclure paix ou trêve.
Les autres articles portent sur l'organisation financière , qui ressort , comme tout le reste , à l'assemblée générale , et sur la discipline et la moralité de l'armée. Des pasteurs sont attachés à chaque corps de troupes; les femmes sont exclues de l'armée sous les peines les plus sévères; les jurements sont défendus.
C'est d'après M. H. Martin que nous donnons le résumé de ce fameux règlement , qu'on a appelé : « La loi fondamentale de la république des réformés. »
Le septième cercle, auquel appartenait le Bas-Languedoc, avait Châtillon à sa tête. D'après nos recherches, il n'aurait pas été composé d'une manière tout à fait conforme au règlement qui vient d'être analysé: les pasteurs y auraient pris une part beaucoup plus grande. Il y aurait eu dans cette assemblée sept ministres , quatre gentilshommes, trois bourgeois et quelques personnes du peuple. Ce cercle, qui avait inspection sur un rayon assez étendu du territoire , tenait alternativement ses assemblées à Anduze , à Nimes et à Montpellier. Après avoir assez circulé, disent nos mémoires, il se fixa à Montpellier.
Les circonstances étaient graves. Déjà Louis XIII assiégeait Montauban ; les Montpelliérains devaient