‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 67 sur 253 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

comprendre que leur tour ne tarderait pas d'arriver. Châtillon , à moitié gagné par les faveurs de la cour, mettait beaucoup de mollesse dans son commandement et n'était pas l'homme de la situation. Il y eut dans la province un cri général contre les perles qu'il avait laissé accomplir par sa négligence , si ce n'est par sa trahison; le cercle, siégeant alors à Nimes, le destitua le 20 octobre 1621. L'irritation était si grande à Montpellier, que les habitants arrêtèrent son fils et sa belle-mère, et firent des tentatives pour le surprendre lui-même à Aigues-Morles. Châtillon ne larda pas à recevoir le bâton de maréchal de France, qui lui avait été promis.

Sa destitution est la première mesure que nous connaissions comme émanant du cercle. D'après ses mémoires, le duc de Rohan vit cette déposition avec plaisir, et peut-être même y aurait-il contribué; car lorsqu'il parcourait les Cévennes pour envoyer à Mon tauban un secours de 4000 hommes, Châtillon avait cherché à faire naître un conflit d'attributions et l'aurait accusé d'empiéter sur les siennes

L'assemblée du cercle déposa aussi, et pour des motifs semblables , le sieur Alard de Carescausses , premier consul de Montpellier; Améric, conseiller au présidial, fut nommé à sa place. Cet homme, dont nous avons déjà dit quelques mots, était l'âme de tout ce qui se faisait. Le cercle suivait ses inspirations, et c'est à lui qu'il est juste d'attribuer l'initiative des mesures suivantes: Il frappa des impôts et leva des

troupes. A son retour de Sommières, dont il était allé s'emparer, il prit toutes les cloches des églises de Montpellier, moins celle de l'horloge , pour en faire des canons. Il mit même en réquisition le cuivre et le laiton des particuliers. Celte mesure fut adoptée pour remplacer, autant que possible, les ressources perdues par la prise d'un vaisseau hollandais, qui était chargé d'armes et de munitions de guerre.

Améric, qui était un huguenot très-ardent, fit établir des chefs de bande appelés chasse-messes , pour surveiller les catholiques de la ville, dont on voulait empêcher les rapports avec les ennemis du dehors.

D'Aigrefeuille nous a conservé le texte de plusieurs ordonnances du cercle. Celle du 20 novembre 1621 porte interdiction de l'exercice de la messe dans toutes les villes de la circonscription du cercle, et notamment à Montpellier. De plus, les papistes de cette ville seront retenus prisonniers. Le cercle motive ces mesures , sur les mauvais traitements que les catholiques faisaient subir aux protestants là où ils étaient en majorité, et cite comme localités où ils sont persécutés, Montagnac, Florensacet Yendémian. Cette pièce était signée à l'original parMeirieux, président, et par Daniel, dont la qualité n'est pas indiquée.

Peu de temps après avoir rendu cette ordonnance, le cercle confia à Henri de Rohan le commandement qu'il avait retiré à Châtillon. Rohan était déjà à la tête d'une autre circonscription, la sixième, qui comprenait le Haut- Languedoc. D'après la lecture de ses

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