‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 77 sur 253 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

tes, en expulsa un certain nombre et fit braquer sur la ville les canons de la citadelle. Il importe de faire remarquer que ceci se passait en 1625. La prédiction du sieur de La Farelle se réalisait déjà. On ne tarda pas à voir dans quel but et à quelles fins cette forteresse avait été construite.

L'année 1626 s'écoula sans grands événements. Les consuls furent nommés d'après la méthode des années précédentes, c'est-à-dire que les catholiques occupèrent le premier, le troisième et le cinquième emploi, et qu'ils avaient ainsi la prééminence, quoiqu'ils fussent les moins nombreux. Il s'éleva seulement une discussion au sujet de l'assesseur et du secrétaire, que chacun des deux partis réclamait. La question fut portée devant le souverain. D'après l'esprit régnant, on ne doit pas être surpris que l'affaire ait été résolue à l'avantage des catholiques.

Le duc de Rohan se rappelait les mauvais traitements qu'il avait eu à souffrir de la part de Valence. Son successeur, De Fossez, n'était pas un homme plus tendre, et il était arrivé dans son commandement avec un renfort considérable de troupes. D'ailleurs, la paix était rompue, la guerre légitime, et le duc de Rohan convoitait ardemment la citadelle de Montpellier, qu'il avait vu construire avec beaucoup de peine et qui servait déjà à opprimer les protestants. 11 espéra parvenir à s'en emparer par un subterfuge, et noua une intrigue avec un officier qui promettait de la

lui livrer, mais qui ne fit que l'attirer dans un piège où tombèrent et périrent un certain nombre de ses soldats et de ses amis. Le sieur Verchand, enfant de la ville, homme de grand cœur et de bonne famille, était du nombre. Sa tête fut attachée à un poteau et mise sur la porte de la citadelle. Le coup ayant manqué, le duc de Rohan se dirigea vers Nimes où il arriva le même soir. Le lendemain il réclama ses morts à M. de Fossez, et lui fit dire que s'il maltraitait les prisonniers, il ferait pendre une cinquantaine d'hommes qu'il tenait, parmi lesquels il y avait douze prêtres. Les morts furent en effet inhumés dans le cimetière de leur religion '. Quant aux détenus, M. de Fossez répondit qu'ils étaient h la clémence du roi , et les fit traiter en prisonniers de guerre.

1 Noms de ceux qui furent tués ou faits prisonniers à la citadelle :

Le baron de Brétigny, maréchal de camp ; Coursillon , son frère; le baron de Ferrière, du lieu du Viguan ; La Tour de Quintons, beau-frère de Saint-Blanquard; son frère nommé Broissière > La Croisette, de Castres, cornette du sieur de Bohan; le sieur Mallet; Bodes, ministre de Nimes; Duchallas, de Nimes; Sireine, de Nimes; Prinas , de Montpellier; Vergnaut, de Montpellier; Le Brignas, frère du sieur de Saint-Baze ; Fourniquet, frère du sieur de Battes; La Bouvière, d'Entrenaux en Vivarais ; La Vigne, de Boisson; La Bivière, de Galinières ; Chambanier, du Poitou; Vincens, de Bordeaux; La Vergnière, de Léons en Normandie; Gabas, d'Orange; Fournier, d'Àubenas; Jacquet, d'Anduze ; Turcq , de Bellegarde ; Monnier , des Margues; Alexandre , de Floracq ; La Fanelle et Bocquan , du Viguan , et douze autres morts qu'on n'a pu savoir leurs noms. (Belation véritable de l'exécution de l'entreprise du sieur de Bohan, sur

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